La France s’appauvrit

Le taux de pauvreté atteint un niveau record selon l'Insee, et les indépendants sont les principales victimes.

Les chiffres de 2023 rapportés par l'enquête de l'Insee sur les revenus fiscaux et sociaux montrent un creusement inédit de l'écart de revenus entre les ménages les plus modestes et les ménages les plus aisés. Parmi les causes avancées, l'arrêt de mesures de soutien auprès des plus pauvres et une conjoncture plus favorable aux ménages aisés.

Les actifs indépendants sont parmi les plus touchés : leur taux de pauvreté des indépendants s’élève à 19,2 %, en hausse de 0,9 point. Pour la seconde année consécutive, les revenus d’activité moyens des indépendants augmentent moins vite que l’inflation. Cette baisse concerne la quasi-totalité des secteurs, mais certaines activités sont plus particulièrement touchées, notamment dans les secteurs du commerce ou de la construction.

Les chômeurs (+0,8%) et les salariés (+0,5%) voient aussi leur situation s’aggraver.

Pour ces catégories, plusieurs facteurs d'appauvrissement sont identifiés : impact de la réforme de l’assurance chômage, revalorisation des allocations logements inférieure à l'inflation, baisse du temps de travail pour les salariés en temps partiel, baisse du revenu de l'activité indépendante, en particulier chez les micro-entrepreneurs…

Si globalement le niveau de vie annuel médian en 2023 a progressé en raison d'une hausse des revenus supérieure à l’inflation, les écarts de revenus entre les catégories de personnes avec un logement ordinaire les plus pauvres et les plus aisées ont atteint un niveau inédit.

Un appauvrissement des plus modestes et une hausse de vie des plus aisés

En 2023, le revenu médian s'établit à 25 760 euros par an et par unité de consommation, soit 2 150 par mois pour une personne. Il a progressé de 0,9% au cours de l'année 2023.

Le taux de pauvreté monétaire correspond à un revenu inférieur à 60% de ce revenu médian, soit 1 288 euros mensuel pour une personne. C'est le seuil sous lequel se situent, en 2023, 9,8 millions de personnes vivant dans un logement ordinaire en France hexagonale, soit 650 000 personnes de plus qu'en 2022 (+0,9 point). Le taux de 15,4% de la population sous le seuil de pauvreté atteint en 2023 est inédit depuis la méthode de calcul adoptée en 1996.

Tandis qu'en 2023 les revenus des familles les plus modestes ont baissé de 1,%, ceux des familles les plus aisées ont augmenté de 2,1%. Les causes du creusement de l'écart sont multiples : 

  • la fin des aides en direction des familles les plus modestes qui atténuaient les effets de la forte inflation en 2022 (indemnités inflation, primes exceptionnelles) ;
  • une hausse du niveau de vie pour les ménages plus aisés sous l'effet de la remontée des taux d'intérêts bénéfique aux placements financiers ;
  • l'application de l’exonération de la taxe d’habitation sur la résidence principale pour les foyers les plus aisés.

Tandis que les retraités sont moins touchés, notamment par l'effet de la revalorisation de certaines pensions, ce sont les familles monoparentales  et, par voie de conséquence, leurs enfants qui sont les plus touchées par la pauvreté en 2023 (34,3%, en hausse de 2,9 points).

   

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