Toujours plus de métiers en tension
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

Après 2 années exceptionnelles, des intentions d’embauche qui reviennent au niveau de 2019Cette année, 2,78 millions d’embauches potentielles sont recensées…
Après 2 années exceptionnelles, des intentions d’embauche qui reviennent au niveau de 2019
Cette année, 2,78 millions d’embauches potentielles sont recensées contre plus de trois millions l’année précédente : les intentions d’embauche connaissent donc une baisse de 8,5 % par rapport à 2023, revenant au niveau constaté en 2019, selon l’enquête annuelle « Besoins en main-d’œuvre » (BMO) de France Travail. De même, la proportion d’établissements recruteurs est en baisse – de 2,8 points –, et ce, quelle que soit la taille de l’organisation. 28 % des entreprises envisagent d’embaucher contre 31 % l’an dernier.
Cette baisse se confirme dans un grand nombre de secteurs, notamment la construction, le transport et l’entreposage, le commerce de gros, l’industrie – plus particulièrement dans les domaines du travail du bois, du papier et de l’imprimerie –, ainsi que pour une partie du secteur des services aux entreprises.
Les intentions d’embauches sont portées en majorité par les TPE : 43 % des entreprises de 0 à 9 salariés ont le projet de recruter, 26 % des 10-49, 18 % des 50-199 et 13 % des 200 et +.
Si les projets de recrutement sont également en baisse de 7,1 % dans le secteur des services aux particuliers, ce domaine reste néanmoins le premier recruteur en 2024. Les entreprises de la finance et de l’assurance revoient, elles, leurs besoins en main-d’œuvre à la hausse, une tendance qui se vérifie aussi pour les métiers de la sécurité et de la surveillance.
Les TPE recrutent
Les métiers de l’agriculture ne sont pas en reste puisqu’ils comptabilisent à eux seuls 98 000 projets de recrutement pour les viticulteurs et arboriculteurs, et 91 000 projets pour les agriculteurs et ouvriers agricoles. Du côté de l’hôtellerie-restauration, des intentions d’embauches significatives sont à noter pour les serveurs de cafés et restaurants, les employés polyvalents de restauration, les cuisiniers, et les employés de l’hôtellerie. Enfin, certains métiers des services aux entreprises figurent parmi les plus recherchés, à l’instar des agents d’entretien des locaux, des caissiers et des employés libre-service.
Pour plus de 41 % d’entre eux, ces besoins en main-d’œuvre sont la résultante d’un surcroît d’activité ponctuel. 70,6 % des projets de recrutement dans l’agriculture sont prévus en ce sens, un chiffre qui atteint 45,9 % dans le secteur des services aux particuliers et 41,1 % dans l’industrie, entre autres.
En parallèle, les recrutements considérés comme étant « difficiles » sont en baisse : 57,4 % contre 61 % en 2023. Pour autant, six employeurs sur dix estiment qu’ils rencontreront des difficultés à recruter en 2024, et plusieurs métiers sont identifiés comme étant en tension
Le nombre insuffisant de candidats, les profils inadéquats et les conditions de travail induisent ces difficultés. À ceci viennent s’ajouter d’autres facteurs, tels que les problématiques de déficit d’image, l’absence de moyens financiers et l’accessibilité du lieu de travail.
L’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie et la Provence-Alpes-Côte d’Azur concentrent une majorité des projets de recrutement du territoire.
Les dix métiers les plus recherchés :
- Serveurs de cafés et de restaurants
- Aides de cuisine et employés polyvalents de la restauration
- Viticulteurs, arboriculteurs salariés, cueilleurs
- Agriculteurs
- Agents d’entretien des locaux
- Aides à domiciles et auxiliaires de vie
- Cuisiniers
- Professionnels de l’animation socioculturelle
- Employés de libre-service
- Aides-soignants.
Les dix métiers où les difficultés de recrutement sont les plus élevées :
- Carrossiers automobiles
- Couvreurs, couvreurs zingueurs qualifiés
- Aides à domiciles et auxiliaires de vie
- Employés et techniciens commerciaux de la banque
- Pharmaciens
- Ouvrier qualifiés en conduite d’équipement d’usinage
- Médecins
- Ouvriers en chaudronnerie et tôlerie
- Ouvriers en travaux de façade, d’étanchéité et d’isolation
- Soudeurs.
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