Une France qui se dépeuple
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

La baisse de la natalité devient une fatalité et une tendance longue. En 2022, 726 000 bébés sont nés en France, soit 2,2 % de moins qu’en 2021. C’est le…
La baisse de la natalité devient une fatalité et une tendance longue.
En 2022, 726000 bébés sont nés en France, soit 2,2 % de moins qu’en 2021. C’est le nombre de naissances le plus faible depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les naissances sont ainsi inférieures de 20,8 % par rapport au pic de l’après-guerre, en 1971, et de 12,8 % par rapport à 2010, dernier point haut avant une nouvelle tendance à la baisse. Après un léger rebond en 2021, la baisse des naissances reprend mi-2022; le début de l’année 2023 confirme ce recul, avec 24400 naissances de moins qu’en 2022 sur le premier semestre (- 6,8 %). En glissement annuel, le mois de juin 2023 est le 12e mois consécutif de baisse.
Seules les naissances de mères âgées de 40 ans ou plus ne sont pas concernées par cette baisse. Le nombre de naissances pour cette catégorie d’âge augmente de 3,3 % entre 2021 et 2022, confirmant une tendance de long terme. La baisse est la plus forte pour les mères de 25 à 34 ans, âges auxquels les femmes sont les plus fécondes. Les naissances reculent dans la quasi-totalité des régions.
L’âge moyen des mères est de 31,2 ans. Il a continuellement augmenté depuis la seconde moitié des années 1970, alors qu’il s’établissait à 26 ans. En 2012, il était de 30,2 ans. 65 % des naissances ont eu lieu hors mariage. Cette part ne dépassait pas 10 % voilà 50 ans. Autre tendance de long terme, il est de moins en moins systématique de donner à son enfant uniquement le nom du père, bien que ce choix reste très majoritaire. 79 % des cas en 2022 contre 83 % en 2012.
L’Europe aussi
L’année 2022 avait pourtant bien commencé, puisque les naissances étaient en hausse en janvier 2022 par rapport à janvier 2021. La raison? Elles correspondaient à des conceptions durant le troisième confinement. Mais elles étaient moindres que celles du même mois en 2019 et 2020. Dans les mois suivants, les naissances retrouvaient le niveau de 2020, lorsque la pandémie n’avait pas encore touché la France. Mais le recul a été très net à partir de juillet.
Dans l’ensemble de l’Union européenne, 3,9 millions de bébés sont nés en 2022, soit 4,9 % de moins qu’en 2021, une baisse supérieure à celle observée en France. Les diminutions sont particulièrement marquées en Estonie et en Grèce, où elles dépassent les 10 % et, dans une moindre mesure, dans la plupart des pays du nord et de l’est de l’UE. Les naissances n’augmentent qu’au Portugal.
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