Le succès de la prime " partage de la valeur "
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

La prime partage de la valeur a conduit au versement de 4,43 milliards d’euros. Les TPE ont largement joué le jeu. Depuis le 1er juillet 2022, les employeurs…
La prime partage de la valeur a conduit au versement de 4,43 milliards d’euros. Les TPE ont largement joué le jeu.
Depuis le 1er juillet 2022, les employeurs peuvent verser à leurs salariés la prime partage de la valeur. Ce dispositif mis en place par les entreprises permet le versement d'une somme annuelle complémentaire, facultative et soumise à la discrétion de l'employeur ; cette prime peut être exonérée de cotisations et contributions sociales selon certaines conditions.
Depuis sa mise en place en juillet 2022, plus de 5,5 millions de salariés en ont bénéficié, pour un montant total de versement de 4,430 milliards d’euros en cumul à fin décembre 2022 (hors secteur agricole).
Sur ce total, 4,397 milliards d’euros ont été versés par 461 000 établissements du secteur privé à 5,48 millions de salariés. 23,6 % des montants de prime ont été versés par des entreprises de moins de 10 salariés et 22,2 % par des entreprises de 2 000 salariés ou plus.
Qui a bénéficié de cette prime et pour quel montant ?
A fin décembre 2022, plus d'un quart des salariés bénéficiaires (29 %) se sont vu verser une prime de 1000 euros ou plus, et 40 % une prime d'un montant inférieur à 500 euros. Le montant de prime moyen par salarié s’établit à 789 euros.
La prime partage de la valeur a concerné 2,35 millions de femmes et 3,13 millions d’hommes. Le montant moyen varie très peu selon le sexe : respectivement 784 euros et 793 euros.
En termes d'âge, le montant moyen versé est plus faible que la moyenne pour les moins de 30 ans : 348 euros pour les moins de 20 ans, 544 euros pour les 20 à 24 ans et 750 euros pour les 25 à 29 ans. Au-delà de 30 ans, il oscille entre 814 et 854 euros, avec un maximum pour la tranche d'âge des 40 à 44 ans.
La part d’établissements du secteur privé ayant versé la prime, qui s’établit globalement à 21,5 %, augmente avec la taille de l’entreprise. Elle est de 18,3 % dans les entreprises de moins de 10 salariés et de 38,9 % dans les entreprises de 2 000 salariés ou plus.
Le montant de la prime est quant à lui plus élevé dans les petites entreprises. Il s’élève en moyenne à 1 040 euros dans les entreprises de moins de 10 salariés et à 739 euros dans celles de 2 000 salariés ou plus.
Quels sont les secteurs les plus concernés ?
Le montant moyen versé est hétérogène selon les secteurs. Il est globalement supérieur dans les secteurs d'activité qui pratiquent des salaires en moyenne plus élevés. Ainsi les activités financières et d'assurance, l’industrie chimique, les activités informatiques et les activités juridiques, de conseil et d'ingénierie ont versé des primes comprises en moyenne entre 1 054 et 1 242 euros.
Le secteur du commerce, qui a versé 14,6 % de la prime partage de la valeur depuis juillet, affiche un montant moyen par salarié de 667 euros.
D’autres secteurs, dont l’activité s’appuie en grande partie sur une main d’œuvre à bas salaire, tels que l’action sociale et l’hébergement médico-social et l’intérim, ont un montant moyen versé significativement plus faible (respectivement 458 euros et 456 euros).
La part des établissements ayant versé la prime est globalement plus importante dans l'industrie (hors industries agro-alimentaires), où elle dépasse souvent 30 %. Elle est en revanche nettement plus faible dans l'hôtellerie-restauration (13,1 %) ainsi que le secteur arts, spectacles et activités récréatives (11,3 %).
Comme le rappelle le président de la CNTPE, Jean-François Ferrando, « il faut rappeler que 58 % des primes ont été versées par les TPE. Ce qui nous pose problème c’est que l’idée est que quand cela va bien dans une entreprise, c’est grâce aux salariés, qui ont droit au partage de la valeur, et quand cela va mal, c’est la faute du dirigeant, qui n’a droit à rien. Permettre à celles et ceux qui créent de la valeur puissent bénéficier d’une récompense, c’est normal, cela nous va très bien. Mais on ne laisse pas le libre choix au patron de moduler ces primes en fonction des résultats des uns et des autres. Cela pose un problème d’équité ».
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