Radiations, défaillances, la crise est toujours présente

Plusieurs échos favorables, mais un bruit de fond inquiétant sur les défaillances et les radiations sèches. Tels sont les principaux éléments du Baromètre publié par le Conseil national des greffiers de tribunaux de commerce.

 

Le Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce vient de dévoiler une nouvelle édition de son Baromètre des entreprises, visant à mesurer les effets de la crise sanitaire sur le tissu entrepreneurial français au cours du troisième semestre 2021. S’il témoigne de la vive reprise de l’économie enclenchée parallèlement au retrait progressif des aides gouvernementales, il illustre également la mutation décisive — en cours — de l’écosystème entrepreneurial en France.

La campagne de vaccination massive conjuguée au déconfinement progressif ont permis à l’économie d’enregistrer une vive reprise.  En ce troisième trimestre 2021 et dans ce contexte totalement singulier pour les entreprises en temps de crise : le taux de marge demeure élevé, l’investissement continue de progresser, les trésoreries préservent leur niveau record et le dynamisme entrepreneurial ne se dément pas.

 

La baisse des procédures collectives se poursuit


Les mesures du gouvernement relevant du « quoi qu’il en coûte » restent efficaces et stabilisent le nombre de défaillances d’entreprises à un niveau historiquement bas. Pour ce qui relève des défaillances, les mesures gouvernementales continuent à « protéger » les entreprises. Seulement 4 721 ouvertures procédures collectives ont été enregistrées au troisième trimestre, soit une baisse de près de 18 % à un an d’intervalle et de plus de 46 % à deux ans d’intervalle.


Cependant, les créations d'entreprises renforcent la concurrence de marchés dont le turnover est structurellement plus élevé. La « normalisation » du nombre de défaillances d'entreprises semble donc inéluctable.


Le turnover s’intensifie dans les secteurs à forte croissance


À l’inverse des procédures collectives, le nombre de radiations d’entreprises n’a jamais été aussi haut. Entre le 1er juillet et le 30 septembre 2021, 73 541 entreprises ont été radiées du Registre du Commerce et des Sociétés, soit une progression de plus de 22 % par rapport à la même période de 2020 et de près de 21 % vs. 2019. Déjà révélé lors du premier semestre, le phénomène des dirigeants d’entreprises préférant mettre la clé sous la porte et se réinventer sur un créneau plus porteur, plutôt que d’être confrontés à des problèmes d’insolvabilité, semble se poursuivre ce trimestre. Les radiations volontaires sont en effet de nouveau en progression de 23 % à un an d’intervalle.


Les évolutions demeurent cependant très hétérogènes.  La crise a redessiné des pans entiers de l’économie générant de nouveaux besoins et, dès lors, de  nouveaux positionnements de marché pour les entreprises (digital, e-commerce, transport…). Ces activités sont presque exclusivement constituées d’entreprises individuelles dont le nombre de radiations fait plus que doubler sur la période. Ces radiations répondent bien souvent à des stratégies de survie et de reconversion des employés des secteurs sinistrés.

Une dynamique entrepreneuriale toujours favorable


Alors que le gouvernement s’apprête à diminuer les aides versées aux entreprises, les indicateurs sont toujours au vert pour le tissu entrepreneurial français. Les créations d’entreprises, déjà à des niveaux très élevés, progressent à nouveau de 6 % au troisième trimestre 2021 à un an d’intervalle.


L’écart par rapport aux chiffres des deux années précédentes se resserre tout de même. Contrairement au début d’année, la progression des immatriculations est moins forte et s’explique par une hausse de moindre ampleur pour les entreprises individuelles.


124 498 entreprises ont été créées entre le 1er juillet et le 30 septembre 2021.

Une nette baisse de l’âge moyen des entreprises radiées


Si la crise sanitaire a provoqué un essor fulgurant de la livraison à domicile, on observe aujourd’hui un turnover très important qui tend à s’intensifier. La progression au troisième trimestre 2021 des radiations dans ce secteur est telle qu’elle entraîne mécaniquement une diminution générale de l’âge moyen des disparitions.


Cette hypothèse est confirmée par les dynamiques observées suivant le statut juridique des entreprises concernées. La moyenne d’âge au moment de la fermeture est la plus basse pour les entreprises individuelles (5,5 ans), avec une chute spectaculaire de trois ans par rapport au troisième trimestre 2020.

Sophie Jonval, présidente du Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce, déclare : « Le tissu entrepreneurial amorce un virage particulièrement décisif. La vive reprise de l’économie intervient parallèlement à l’allégement graduel des aides gouvernementales. Les chefs d’entreprises en difficulté devront donc faire preuve d’anticipation pour faire face aux mutations et au renforcement de la concurrence à l'œuvre dans de multiples secteurs. Les greffiers des tribunaux de commerce tiennent à leur rappeler qu’ils ne sont pas seuls et peuvent bénéficier d'un accompagnement personnalisé sur lequel s'appuyer pour prévenir toute défaillance. »

 

 

 

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