L’entrepreneuriat, rêve français
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

1 Français sur 2 veut entreprendre, en recherche de liberté, autonomie et quête de sens.Avec 47% d’hommes et 53% de femmes interrogés, l’envie d’entreprendre…
1 Français sur 2 veut entreprendre, en recherche de liberté, autonomie et quête de sens.
Avec 47% d’hommes et 53% de femmes interrogés, l’envie d’entreprendre transcende le genre. Et si 73% des répondants sont diplômés Bac et plus, une proportion significative de personnes sans diplôme partage également cette aspiration : preuve que l’entrepreneuriat attire tous les profils, sans distinction sociale ou académique. Cette étude dresse une photographie saisissante d’un pays en quête de liberté, de sens et d’autonomie où le désir d’indépendance et d’entrepreneuriat progresse malgré des freins structurels persistants : financiers, administratifs et psychologiques.
La crise sanitaire a marqué un tournant décisif avec 51 % des Français qui déclarent en septembre 2025 que leur rapport au travail a changé depuis le Covid. En effet : 44% considèrent la liberté comme indispensable dans leur vie professionnelle mais 28% estiment ne pas la trouver dans leur emploi actuel ; 33% rencontrent des difficultés à concilier vie professionnelle et personnelle, 63% disent y parvenir et 4% déclarent que leur vie professionnelle prend le dessus ; 80% des Français pensent qu’un changement de vie professionnelle est possible à tout âge.
La reconversion professionnelle est désormais une réalité tangible : 14% l’ont déjà vécue, 26% y réfléchissent activement, 25% pourraient s’y intéresser.
Parmi les motivations principales des 14% de Français déjà reconvertis : donner plus de sens à leur travail (33%), gagner en liberté et flexibilité (32%), améliorer ses revenus (31%) et retrouver un meilleur équilibre de vie (31%). Au total, près de 1 Français sur 2 (47 %) a déjà envisagé l’entrepreneuriat, de manière plus ou moins concrète et aboutie.
« Nous assistons à une véritable bascule sociétale : les Français ne rêvent plus seulement de stabilité, ils rêvent de liberté d’entreprendre et de réalisation personnelle » souligne Olivier Descamps, Directeur Général d’iad France.
Des obstacles majeurs
Si 40% jugent que créer une entreprise est plus difficile aujourd’hui qu’il y a 10 ans, 48% des Français ont néanmoins une image positive de l’entrepreneuriat. D’ailleurs 5% sont déjà entrepreneurs, 7% l’ont été, 13% envisagent de se lancer sérieusement et 21% y ont déjà songé.
Malgré tout, des freins majeurs subsistent : 45% pointent le manque de moyens financiers, 40% l’incertitude des revenus, 38% évoquent la peur de l’échec et 35% la complexité administrative.
« Face aux incertitudes économiques et politiques, de plus en plus de Français cherchent à reprendre la main sur leur avenir. L’entrepreneuriat n’est pas seulement une option : c’est une réponse » déclare Olivier Descamps.
Pour faciliter l’accès à l’entrepreneuriat, les Français aspirent à moins de lourdeurs administratives (51%), plus d’aides de l’État (39%) et à des financements garantis ou un accompagnement personnalisé (36%).
Par ailleurs, ils associent spontanément l’expression « communauté d’entrepreneurs » à l’entraide, au soutien et au partage d’expérience (43%), au dynamisme et à l’énergie collective (30%) ainsi qu’au sentiment d’appartenance (23%).
Les motivations principales sont claires : liberté et autonomie (53%), être son propre patron (39%), maîtriser son organisation et son équilibre de vie (37%). Pour beaucoup, l’entrepreneuriat incarne ce que le salariat n’offre pas : une liberté inédite (19%), une opportunité (19%) ou encore un rêve excitant malgré les risques (17%). Les secteurs jugés les plus attractifs sont le commerce et e-commerce (27%), l’artisanat et les métiers manuels (17%), les services aux particuliers (17%) et pour 10 % l’immobilier.
Chez les entrepreneurs en activité, les qualités jugées indispensables au succès sont : la confiance en soi et en son projet (43%), la rigueur et la discipline (40%) et l’audace de prendre des risques (36%).
Du côté des intentionnistes, une approche prudente domine : 62% souhaitent conserver leur emploi au démarrage contre 38% prêts à franchir le pas immédiatement. Le statut de micro-entreprise (51%) est le plus envisagé devant l’entreprise individuelle (11%) et l’EURL (8%). À noter : 23% n’ont pas encore pris connaissance des différents statuts juridiques, signe d’un besoin d’accompagnement accru.
Enfin, le bilan entrepreneurial est globalement positif : 26% estiment que l’entrepreneuriat a été la meilleure décision professionnelle de leur vie et 48% jugent que, malgré les difficultés rencontrées, ce fut une bonne décision.
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