Facture électronique, on y voit plus clair
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

Trois ans sont désormais octroyés aux entreprises pour se préparer au passage à la facture électronique. Mais se préparer dès aujourd’hui reste le bon réflexe.…
Trois ans sont désormais octroyés aux entreprises pour se préparer au passage à la facture électronique. Mais se préparer dès aujourd’hui reste le bon réflexe.
Après le report de la réforme, initialement prévue le 1er juillet 2024, Bruno Le Maire a annoncé le nouveau calendrier de la généralisation de la facture électronique lors du 78e Congrès de l’Ordre des experts-comptables. Ce nouveau calendrier passera par 3 étapes clés :
- Finalisation des spécifications et démarrage du pilote au cours de l’année 2024
- Échanges de factures électroniques sur une base volontaire en 2025
- Entrée en vigueur de la réforme en 2026, sans précision sur l’échéancier du déploiement, progressif ou non
Les raisons du report évoquées lors de ce même Congrès sont liées, d’une part, au retard technique du développement du Portail Public de Facturation (PPF) et, d’autre part, au retard pris par les entreprises dans la préparation au passage à la facturation électronique.
Or, pour la majorité des 4 millions d’entreprises françaises, les bénéfices de la facturation électronique sont clairement identifiés indépendamment de l’obligation réglementaire. Tel est le constat de l’enquête réalisée par OpinionWay pour le Conseil National de l’Ordre des Experts-Comptables et sa filiale ECMA. Sont mentionnés, entre autres, une meilleure traçabilité des factures, la sécurisation des données et le gain de productivité pour les équipes. Mais des craintes subsistent sur d’éventuels dysfonctionnement techniques, un surcroit de charge de travail ou encore des surcoûts liés à la mise en place du projet.
Ne pas attendre
« Malgré le report, l'engouement autour de la facturation électronique reste exceptionnel », explique Benjamin Royoux, Directeur d’ECMA à l’occasion du 78ème Congrès de l’Ordre des Experts-Comptables. « Le risque reste toutefois que les entreprises posent le stylo. Il ne faut pas profiter de ce report pour attendre mais, au contraire, le transformer en opportunité pour mieux se préparer et prendre des décisions éclairées qui ne peuvent être actées dans l’urgence », ajoute-il.
En ayant plus de temps pour s’y préparer, les entreprises ont la possibilité de ventiler leurs actions dans le temps et gagner ainsi en sérénité dans un contexte de changement majeur interne. Elles pourront ainsi mesurer leurs besoins pour choisir la plateforme la plus adaptée, la prendre en main et former ses utilisateurs.
De nombreuses plateformes, prochainement immatriculées PDP (Plateforme de Dématérialisation Partenaire), telles que jefacture.com, peuvent d’ores-et-déjà être employées au quotidien, sans attendre l’entrée en vigueur de la réforme.
Comme l’a souligné Bruno Le Maire : « c’est un enjeu majeur de réduction des coûts des entreprises, qu'elles soient petites ou qu'elles soient très grandes, de pilotage en temps réel de l’activité pour savoir exactement quels sont les résultats, où ils en sont, dans la trésorerie et dans les comptes. Et accessoirement, un enjeu majeur pour le premier percepteur de France qu’est le ministre des Finances, car la réforme va me permettre de lutter avec beaucoup plus d'efficacité contre toutes les fraudes, en particulier la fraude à la TVA, et ça va mettre quelques milliards d’euros dans les caisses de l’État qui en a bien besoin ».
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