Pouvoir d’achat, toujours autant d’inquiétudes
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

Dans un climat d’incertitude persistante, les consommateurs restent très marqués par la situation économique et l’instabilité politique actuelle La situation…
Dans un climat d’incertitude persistante, les consommateurs restent très marqués par la situation économique et l’instabilité politique actuelle
La situation économique du pays préoccupe 74 % de la population selon le 3è baromètre LSA / Appinio. Depuis la dissolution de l'Assemblée nationale en juin dernier, les Français expriment en effet une profonde anxiété : compte tenu de l’instabilité politique actuelle, quatre personnes sur cinq se disent inquiètes quant au maintien de leur pouvoir d’achat, tandis que 76 % doutent que le nouveau gouvernement parvienne à le redresser, illustrant une défiance croissante vis-à-vis des institutions politiques.
En parallèle, les attentes des Français restent claires : la baisse des prix de l'énergie (59 %) et la hausse des salaires (48 %) sont perçues comme les mesures les plus susceptibles d’améliorer leur situation. Plus d’un tiers espèrent également un blocage des prix des produits de grande consommation (37 %), plus d’un Français sur deux redoutant toujours une nouvelle hausse de ces derniers (51 %), cela malgré des indicateurs plutôt favorables.
La prudence reste de mise
Les deux tiers des Français restent pessimistes quant à leur situation financière pour la fin de l'année (69 %), et près de la moitié anticipent une baisse de leur pouvoir d'achat au quatrième trimestre (45 %). Ce climat d’inquiétude persistante se traduit par une grande prudence financière, particulièrement à l'approche des fêtes de fin d'année, où 40 % des Français envisagent déjà de réduire leurs dépenses par rapport à l'année dernière.
Néanmoins, après une dégradation continue ces dernières années, l'étude met en lumière des signaux encourageants. Le sentiment de dégradation du pouvoir d’achat a baissé de 8 points par rapport à 2023 et seulement 66 % des répondants indiquent avoir vu leurs dépenses augmenter, contre 81 % en 2023. De plus, bien que la plupart des ménages ressentent toujours une pression financière, l'inquiétude globale a diminué de 6 points par rapport à l'an dernier (à 79 % contre 85 % en 2023).
Toutefois, la quasi-totalité des Français déplore un coût de la vie qui ne cesse d’augmenter (95 %) et 85 % ressentent de plus en plus de difficultés à épargner. Ainsi, les trois quarts indiquent avoir reporté de grosses dépenses cette année. Pour faire des économies, c'est principalement sur le budget loisirs que les Français vont rogner dans les prochains mois : sorties au restaurant (41 %), vacances (37 %), divertissements (37 %) ou encore activités sportives (37 %). Plus d’un tiers des répondants indiquent également prévoir de réduire leurs dépenses liées à l’électronique (37 %). L’étude souligne d’ailleurs une tendance croissante à la consommation responsable, 70 % des envisageant de réparer leurs biens avant d'en acheter de nouveaux, et 63 % se tournant vers les produits de seconde main.
L’alimentaire cristallise les tensions
Avant même les coûts de l’énergie et du carburant (respectivement 81 % et 69 %), c’est dans l’alimentaire que la hausse des dépenses se fait le plus sentir, à 96 %. Bien qu’elle concerne toutes les catégories de produits, celle-ci est particulièrement nette sur les produits carnés (93 %), les fruits et légumes (92 %) et les produits laitiers (92 %), avec des proportions comparables à ce qui avait été observé en 2023. Néanmoins, cela ne semble avoir que peu d'impact sur les sommes dépensées chaque semaine en courses alimentaires. Ainsi, pour tenir leur budget, les consommateurs s’adaptent et se tournent vers des marques moins coûteuses (92 %), ou de distributeurs (86 %). Si Leclerc et Lidl sont perçus comme les enseignes proposant le meilleur rapport qualité-prix (respectivement à 33 % et 25 %), les Français n'hésiteraient pas à en changer si cela peut permettre de réduire leurs dépenses (86 %). Ils expriment en effet de vraies attentes envers les distributeurs concernant les prix, notamment plus de promotions (57 %) et d'avantages fidélité (48 %), mais également une baisse de leurs marges (46 %).
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