Le travail par tous les temps
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

Travail de nuit, travail le dimanche : combien de personnes sont concernées ?En 2023, le travail de nuit et le travail dominical n'ont toujours pas retrouvé…
Travail de nuit, travail le dimanche : combien de personnes sont concernées ?
En 2023, le travail de nuit et le travail dominical n'ont toujours pas retrouvé leurs niveaux d'avant la crise sanitaire, selon les dernières études de la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares).
Le nombre de travailleurs de nuit en France atteint 3,2 millions en 2023. Dans l'enquête de la Dares, le travail de nuit est défini comme étant effectué entre minuit et cinq heures du matin.
11,1% des actifs ont travaillé au moins une fois de nuit sur une période de quatre semaines consécutives. Bien que cette proportion soit en hausse de 1,1 point depuis 2020, elle reste inférieure au niveau observé avant la crise sanitaire (11,9% en 2019).
Ces modalités de travail concernent davantage les hommes (15,1%) que les femmes (7%). Dans la fonction publique, en particulier dans les hôpitaux publics (24,3%), les travailleurs de nuit sont plus nombreux que dans le secteur privé (10,4%).
Les intérimaires travaillent bien plus souvent la nuit (19,4%) que les autres salariés du secteur privé. Parmi les indépendants, 13% travaillent au moins une fois de nuit sur une période de quatre semaines consécutives, contre 10,9% pour l'ensemble des salariés.
Le travail de nuit est plus fréquent dans :
- la fabrication de denrées alimentaires, boissons et produits à base de tabac (27,6% des actifs) ;
- le transport et entreposage (26,6%) ;
- la santé humaine (19,2%) ;
- l'agriculture (18,9%) ;
- l’hébergement et restauration (17,9%).
Le travail le dimanche en baisse
Le nombre de travailleurs le dimanche en France s'élève à 6,6 millions en 2023. 23,2% des actifs ont travaillé au moins un dimanche sur une période de quatre semaines consécutives. Cette part, en légère baisse par rapport à 2022 (-0,3 point), reste en-dessous du niveau de 2019 (25,8%).
Parmi les actifs qui exercent le plus leur activité le dimanche, on retrouve ceux qui assurent la protection et la sécurité des personnes et des biens (48,9%), ainsi que la permanence des services de soins (46,3%). Plus de la moitié des personnes en emploi dans les hôpitaux publics travaillent au moins un dimanche par mois au cours d'une période de quatre semaines.
Parmi les indépendants, 39,2% ont travaillé au moins un dimanche, contre 20,8% pour l'ensemble des salariés.
Le travail dominical est plus répandu dans :
- l’agriculture (52,4%) ;
- l’hébergement et restauration (52%) ;
- la santé humaine (43,1%) ;
- la fabrication de denrées alimentaires, boissons et produits à base de tabac (31,3%) ;
- le transport et entreposage (25,7%).
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir !
Articles similaires

Auto-entrepreneurs : la promesse d’indépendance, la réalité des petits chiffres et la montée des emplois “ubérisés”
Le régime micro-entrepreneur (ex auto-entrepreneur) n’a jamais été aussi central dans l’économie française : il concentre une large part des créations d’entreprises. Mais derrière la facilité administrative, les réalités sont souvent moins “startup” que “survie” : chiffre d’affaires annuel modeste, pérennité faible, dépendance à un donneur d’ordre et, pour une fraction croissante, travail via plateformes où l’algorithme remplace la négociation.
26 février 2026

France « sur-administrée » : quand ceux qui produisent se heurtent au millefeuille
En France, dès qu’un métier se transforme, l'Etat et se simplifie a pris l’habitude d’ajouter une couche de procédures plutôt que d’en supprimer une. Résultat : ceux qui produisent ont le sentiment de financer un système qui « gère » toujours plus, sans se simplifier. Le monde agricole le montre de façon brutale : en 2019, il n’y a plus qu’environ 400 000 agriculteurs exploitants, soit quatre fois moins qu’au début des années 1980. Et pourtant, côté administration, l’ordre de grandeur budgétaire bouge peu : une question écrite au Sénat indique que les effectifs du ministère chargé de l’Agriculture passent de 31 682 en 1982 à 31 202 en 2002, tandis que le MASA rémunère 29 612 agents fin 2023. La question n’est pas « fonctionnaires contre entrepreneurs » ; La vraie question est celle du ratio, du millefeuille et de l’efficacité. Beaucoup en parlent, mais peu le font
26 février 2026

Auto-entrepreneurs : la promesse d’indépendance, la réalité des petits chiffres et la montée des emplois “ubérisés”
26 février 2026

France « sur-administrée » : quand ceux qui produisent se heurtent au millefeuille
26 février 2026

2025 : l’hémorragie silencieuse des petites entreprises – et pas seulement!
19 février 2026


Connectez-vous pour participer à la discussion.
Se connecterPas encore inscrit ? Créer un compte