Lafayette, réveille-toi
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

L’effondrement sans précédent de l’image des Etats-Unis auprès des Français s’accompagne d’un large soutien aux boycott des marques américaines. A l’heure où…
L’effondrement sans précédent de l’image des Etats-Unis auprès des Français s’accompagne d’un large soutien aux boycott des marques américaines.
A l’heure où l’hashtag #BoycottUSA fleurit sur les réseaux sociaux, quel est l’impact de la nouvelle administration Trump sur l’image des Etats-Unis et de ses entreprises ? Les récentes annonces de Donald Trump dans divers domaines ont-elles altéré la « marque US » aux yeux des Français comme pays d’origine de tout un ensemble de produits ou services du quotidien ? Observateur attentif des relations franco-américaine, le site d’information touristique sur New-York NYC.fr a commandé à l’Ifop une grande enquête qui montre une dégradation historique de l’image des Etats-Unis auprès des Français et leur soutien large au mouvement de boycott des marques américaines.
Cette étude révèle d’abord un effondrement historique de l’image du pays de l’Oncle Sam qui apparaît, aux yeux des Français, plus que jamais éloigné de la France sur le plan culturel.
Après à peine deux mois de présidence Trump, la cote de sympathie des Etats-Unis chez les Français tombe à 25%, soit une chute de 40 points par rapport à la dernière mesure prise en 2010 (65%) lors la2ème année du mandat de Barack Obama. L’image des Etats-Unis auprès de l’opinion publique française tombe ainsi à son niveau le plus bas des 40 dernières années.
La fin du rêve américain ?
Cette dégradation de l’image de l’Amérique va de pair avec le sentiment croissant d’un fossé entre les valeurs françaises et américaines : seul un quart des Français (26%) estime aujourd'hui que les deux pays sont "proches" en termes de valeurs, contre près de la moitié il y a une vingtaine d’années (49% en 2004).
Les appels au boycott des produits US qui ont surgi après les menaces de hausse des droits de douane et la joute verbale entre les présidents américain et ukrainien dans le bureau ovale, sont largement soutenus : 62% des Français soutiennent ces appels au boycott des entreprises américaines.
Ce boycott apparaît comme une forme de consommation engagée qui trouve son ressort dans l’adhésion à des valeurs progressistes : la proportion de boycotteurs étant particulièrement forte chez les Français se disant « très féministes » (51%) ou « très progressistes » sur les questions de société (55%).
Coca-cola (48%) est aujourd'hui la marque la plus boycottée devant des marques de fast-food ou de restauration rapide– MacDonald (44%), Starbucks (15%) KFC (12%)– emblématiques de la consommation de masse US. Les autres marques les plus boycottées– Tesla (19%) et X (10%)– sont liées au groupe Musk dont l’image est très écornée par son engagement auprès de Donald Trump.
Ce boycott est tiré par l’anti-trumpisme– 62% des boycotteurs expliquent leur geste par l’opposition à la politique de Trump– mais relève aussi d’autres motivations comme le patriotisme économique à droite ou la défense du progressisme sociétal à gauche. En effet, d'autres dimensions jouent comme le soutien à l'emploi français (62%), particulièrement chez les électeurs de droite (84% chez LR-DVD). 7– Enfin, ce mouvement semble appeler à durer si l’on en juge la proportion de Français qui ont l’intention de boycotter des produits ou services de marques américaines dans les mois à venir : 57% des Français, un quart en ayant fermement l’intention. Et dans les mois à venir, l'empire entrepreneurial d'Elon Musk apparaît le plus menacé : Tesla arrivant en tête du classement des marques les plus menacées de boycott (47%), suivie par Twitter/X en troisième position (40%).
L’Amérique trumpiste n’a jamais fait aussi peu rêver les Français. L’attractivité des États-Unis comme lieu d'étude ou de travail est deux fois plus faible qu’il y a quinze ans : moins d’un quart des Français souhaiteraient aujourd'hui aller aux États-Unis pour y étudier (22%, contre 48% en 2010) ou y travailler (20%, contre 37% en 2010), soit les niveaux les plus bas des vingt-cinq dernières années. Le potentiel touristique des USA s’affaisse aussi légèrement (-4 points par rapport à 2022, à 51%) auprès de Français qui s’avèrent en revanche beaucoup plus enclins à visiter leurs voisins. Le Canada voit ainsi son potentiel touristique bondir de 10 points (72%, contre 62% en 2022), tout comme des destinations plus « chaudes » comme le Mexique (+4 points, à 46%) ou Cuba (+6 points, à 43%)
(Source : Étude Ifop pour NYC.fr réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 14 au 17 mars 2025 auprès d’un échantillon national représentatif de 1000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Enquète complète sur le site https://www.nyc.fr/presse/boycott-usa/)
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