Délais de paiement : une nette amélioration
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

Les délais de paiement en Europe retrouvent les niveaux d’avant crise Covid. Face à la crise, les entreprises redoublent d’efforts pour préserver leurs bonnes…
Les délais de paiement en Europe retrouvent les niveaux d’avant crise Covid. Face à la crise, les entreprises redoublent d’efforts pour préserver leurs bonnes relations fournisseurs
Le groupe Altares, expert historique et référent de la data d’entreprise dévoile aujourd’hui le panorama des retards de paiement des entreprises en Europe et en France au 2e trimestre 2022. Le règlement des factures fournisseurs n’a pas constitué une variable d’ajustement ces derniers mois
Alors qu’ils s’inscrivaient en forte hausse dès l’été 2020, atteignant 14,5 jours au 4e trimestre 2020, les retards de paiement à l’échelle Europe diminuent rapidement pour atteindre 13 jours, un seuil qui n’avait plus été atteint depuis le 1er trimestre 2018. A l’heure actuelle, près d’une entreprise européenne sur deux (48,4 %) paye ses fournisseurs à l’heure. Les retards les plus lourds, supérieurs à 30 jours, sont également moins fréquents (8,3 % des entreprises vs. 10 % il y a 18 mois). In fine, les retards moyens en Europe diminuent nettement Une dynamique portée d’une part par les nettes améliorations enregistrées en France et en Belgique, et d’autre part par les comportements restés vertueux chez les entreprises d’Allemagne et des Pays-Bas.
Les meilleurs élèves restent historiquement l’Allemagne (6,5 jours) et les Pays-Bas (5 jours) qui restent sous le seuil des 7 jours depuis de nombreuses années. L’Europe latine fait, en comparaison, figure de mauvais élève. 18 jours pour l’Italie, 14 pour l’Espagne et 26 pour le Portugal. Avec désormais 15,6 jours de retard moyen, le Royaume-Uni enregistre son plus mauvais chiffre depuis fin 2016. Désormais, une entreprise britannique sur dix retarde le règlement de ses fournisseurs de plus 30 jours.
Les plus grandes entreprises sont en retard
La France retrouve sa valeur référence proche des 12 jours de retard en moyenne. Au 2ème trimestre 2022, elle passe même sous ce seuil, à 11,6 jours, renouant avec les niveaux d’avant crise.
Les données l’attestent, plus l’entreprise est grande, plus les retards de paiement s’allongent.
Sur le deuxième trimestre 2022, les organisations employant entre 200 et 999 personnes présentent un retard de 13,7 jours (+ 2 jours vs. moyenne toutes tailles confondues). Les structures les plus grandes d’au moins 1000 salariés, présentent un retard moyen de 16,7 jours, soit plus de 5 jours de plus comparé à la moyenne.
Le B2C fragilisé
A l’inverse, les structures de 10 à 49 salariés présentent traditionnellement de meilleures performances. C’est actuellement le cas avec des reports de règlements de moins de 11 jours (10,8 jours). Les plus petites entreprises, comptant moins de trois salariés, ne sont jamais parvenues à redescendre sous 12 jours depuis la crise sanitaire. Des tensions sur les paiements étaient même constatées en fin d’année 2021 et début 2022.
Les activités où l’on observe les comportements les moins vertueux restent les activités B2C, fragilisées depuis la crise Covid. Parmi celles-ci on retient : la restauration (19,4 jours), les salons de coiffure ou de beauté (19 jours) et le commerce de détail d'habillement (17,6 jours).
La filière textile-habillement est également sous tension en B2B. Le commerce de gros affiche un retard de plus de 18 jours tandis que dans la fabrication, le décalage qui avait approché 12 jours en 2021 remonte au-delà de 13 jours depuis le début de l’année.
Parmi les autres activités peu vertueuses figure la promotion immobilière qui n‘est jamais parvenue à redescendre sous le seuil des 20 jours. Actuellement, les promoteurs décalent leurs règlements de près de 24 jours en moyenne.
A l’inverse, quelques activités présentent des retards de paiement inférieurs à 10 jours. En tête de celles-ci le bâtiment (8,2 jours) et l’assurance (8,9 jours), suivis de l’édition (9,2 jours), la fabrication de matériaux de construction (9,4 jours) ou la réparation-maintenance industrielle (9,4 jours).
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