Comment la crise sanitaire a affecté les TPE
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

Le 1er confinement a mis à l’arrêt une très grande majorité de TPE. En 2020, 74,6 % des salariés des TPE ont été affectés par une baisse de l’activité ou un…
Le 1er confinement a mis à l’arrêt une très grande majorité de TPE.
En 2020, 74,6 % des salariés des TPE ont été affectés par une baisse de l’activité ou un arrêt total entre le 15 mars et le 31 décembre. Comme il fallait s’y attendre en cette période de 1er confinement, l’hébergement – restauration et les arts, spectacles, activités récréatives ont été particulièrement affectés : Dans ces secteurs, 55 % des salariés travaillaient dans une entreprise dont l’activité a baissé de 50 % ou plus en 2020 et 13 % ont subi l’arrêt de l’activité de leur entreprise entre mi-mars et décembre 2020.
78,2 % des salariés d’entreprises de 6 à 9 salariés travaillaient dans une entreprise ayant eu recours au chômage partiel (contre 70,9 % sur l’ensemble des TPE et 48,0 % pour les entreprises comptant un seul salarié). Cette proportion est comparable à celle enregistrée par les entreprises de 10 à 19 salariés (76,7 %). Les TPE ont principalement eu recours au chômage partiel en raison des fermetures de sites suite aux fermetures d’activité.
Les chiffres des TPE
Plus généralement, au 31 décembre 2020, les très petites entreprises (TPE), qui sont un peu plus de 1,2 million, emploient 3,5 millions de salariés (hors intérimaires et stagiaires), représentant 18,6 % de l’emploi salarié privé (hors agriculture, particuliers employeurs, activités extraterritoriales) Elles comptent en moyenne 3 salariés. 37,8 % d’entre elles n’emploient qu’un seul salarié et, plus de la moitié, un ou deux. Les très petites entreprises sont davantage présentes dans le tertiaire (79,6 % des TPE), que celles de 10 salariés ou plus (72,9 %). 77,0 % des salariés des TPE travaillent dans ce secteur, principalement dans les activités de commerce de gros et de détail, de transports, d’hébergement et de restauration. 14,2 % des TPE appartiennent à la construction (15,1 % des salariés) et 6,1 % à l’industrie (7,9 % des salariés). Dans le tertiaire, les entreprises comptant un seul salarié sont particulièrement implantées dans les activités immobilières, ainsi que dans l’enseignement, la santé et l’action sociale privés (cas des cabinets médicaux notamment).
Au 31 décembre 2020, les femmes représentent 46,7 % des salariés dans les TPE (47,3 % en 2019), soit un peu plus que dans l’ensemble des entreprises du secteur privé (45,5 %). Elles sont majoritaires dans le tertiaire (54,0 % des salariés des TPE), particulièrement dans le secteur de l’enseignement, de la santé et de l’action privés (79,0 %) ainsi que dans celui des activités financières et d’assurance (68,5 %). Elles sont en revanche moins présentes dans l’industrie (37,8 %) et la construction (14,2 %).
Dans les TPE du secteur privé, 7,7 % des salariés sont bénéficiaires d’un emploi aidé en 2020. Ils étaient 6,2 % en 2019. Cette hausse s’explique notamment par un plus grand recours à l’apprentissage en 2020 qui passe à 6,7 % (233000 salariés) fin 2020 contre 4,7 % fin 2019 (169000 salariés). Par rapport à la moyenne de l’ensemble des TPE, celles de l’industrie et de la construction recourent davantage à l’apprentissage (94,3 % et 94,5 %), et celles du tertiaire aux contrats de professionnalisation (10,0 %).
La durée hebdomadaire contractuelle moyenne de travail3 des salariés à temps complet (hors forfait en jours) dans les TPE est de 36,1 heures. Elle est stable par rapport à 2018 et 2019, et du même ordre que celle des entreprises de 10 à 19 salariés (36,2 heures) et de 20 à 49 salariés (36,0 heures). Elle est supérieure de 30 minutes à celle des entreprises de 10 salariés ou plus (35,6 heures) .
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