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2025 : l’hémorragie silencieuse des petites entreprises – et pas seulement!

Par Jean-François Ferrando · Directeur Publication

·9 min de lecture·1207 vues
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En 2025, la France n’a pas seulement connu une hausse des faillites : elle a vécu une vague massive de sorties d’entreprises, souvent sans procédure collective, donc peu visibles médiatiquement… mais ravageuses sur le terrain. Les TPE paient le prix fort.

1) Les chiffres 2025 qui doivent alerter

Radiations (sorties du RCS) : un choc

457 459 entreprises radiées en 2025 (+51,5% vs 2024) dont près de 80 sont des auto entreprises.
634 681 immatriculations en 2025 (+9,9%), soit une dynamique de création 5 fois moins rapide que celle des radiations.

C’est une dégradation nette du “solde” entrepreneurial : on crée encore, mais on ferme beaucoup plus vite et beaucoup plus fort.

Défaillances : près de 70 000 procédures, dont ~47 000 liquidations

69 957 défaillances en 2025 (sauvegardes + redressements + liquidations).
Détail : 47 078 liquidations judiciaires, 21 336 redressements, 1 543 sauvegardes.

Le fameux chiffre “~70 000” concerne toutes les défaillances, pas seulement les liquidations.

Le fait le plus inquiétant : la “sortie hors procédure collective”

Parmi les radiations 2025 :
- 40% radiations volontaires
- 18,3% radiations d’office
- 31% radiations suite à procédure collective

Conclusion: une grande partie des fermetures n’apparaît pas dans les statistiques de faillites.

C'est comme à une époque où certains ne comptaient que les chômeurs de catégorie A, pas les autres. C’est la “casse invisible” des entreprises !

2) Ce que ça signifie, très concrètement, pour le pays

Des TPE qui disparaissent, ce sont : des emplois locaux, de l’apprentissage, de la sous-traitance, des services de proximité, des centres-villes, des territoires.

Une fermeture “hors procédure” veut souvent dire : pas d’accompagnement, pas d’anticipation, pas de seconde chance structurée — juste l’arrêt brutal.

Les radiations d’office en forte hausse sont aussi un signal de fragilité administrative/financière : des entreprises “sortent” parce qu’elles ne tiennent plus le rythme (formalités, charges, déclarations, trésorerie).

3) Pourquoi c’est une urgence (et pas un simple “cycle économique”)

L’ampleur : +51,5% de radiations en un an, c’est un changement d’échelle.

L’invisibilité : la crise ne se lit pas uniquement dans les tribunaux ; elle se voit dans les radiations hors procédure collective.

Le risque 2026 : Infogreffe souligne que le niveau élevé de procédures collectives en 2025 peut entretenir un volume important de radiations ensuite.

4) Ce que demande la confédération Nationale des Très petites entreprises : un plan d’urgence “nos TPE d’abord”

Des mesures immédiates (90 jours)

Trésorerie / charges : dispositifs de lissage (URSSAF/fisc) réellement accessibles et rapides pour TPE, avec critères simples.

Délais de paiement : tolérance zéro sur les retards (privé et public) + mécanismes automatiques de pénalités effectives.

Accès au financement court terme : renforcement des garanties et outils de préfinancement pour TPE (BFR), avec circuits courts de décision.

Mesures structurelles (2026)

Choc de simplification : stop à l’empilement normatif ; évaluation TPE obligatoire de toute nouvelle contrainte.

Prévention avant tribunal : rendre les procédures amiables et l’accompagnement “anti-chute” réellement massifs (repérage, médiation, restructuration légère, soutien bancaire).

Indicateur public “sorties hors procédure” : piloter aussi la crise par les radiations, pas seulement par les faillites.

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