L’artisanat attire les entrepreneurs
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

La création d’entreprise artisanale a le vent en poupe, dans de nombreux secteurs économiques. Près de 250 000 entreprises artisanales ont été créées l’an…
La création d’entreprise artisanale a le vent en poupe, dans de nombreux secteurs économiques.
Près de 250 000 entreprises artisanales ont été créées l’an passé, une hausse de 13 % par rapport à 2019 (215 000). Toutes les familles d’activité ont été représentées. Le BTP était toutefois le mieux représenté avec 33 % des créations, devant les services (13 %), la fabrication (13 %) et l’alimentation (7 %).
Les activités les plus demandées sont celles du nettoyage : 23 160 créations, + 37 % par rapport à 2019. Viennent ensuite la maçonnerie générale (13 520, + 7 %), les travaux d’installation électrique (12 840, + 26 %), les soins de beauté (12 020, + 31 %) et la restauration rapide artisanale (10 390, + 22 %). Deux secteurs sont en forte baisse, les taxis-VTC (10 050, - 24 %) et la coiffure (6 190, - 33 %).
Les évolutions des choix de secteurs des entrepreneurs épousent les évolutions des comportements de consommation. La volonté de consommer local se retrouve dans les bonnes performances de la boulangerie (1 440, + 16 %), de la pâtisserie (1 060, + 27 %) ou encore de la fabrication de plats préparés (350, + 83 %). Petit bémol, la boucherie est en baisse (720, - 9 %), mais il faut sans doute y voir là aussi une question de changement d’habitudes alimentaires. On remarque aussi de fortes hausses dans des domaines qui, là aussi, épousent les évolutions de la société : + 38 pour l’aménagement paysager, + 30 % pour les métiers d’art, + 31 % pour les soins esthétiques : on aime se faire plaisir et on recherche l’authenticité.
Une réponse sociétale
Le nombre de créations d’entreprises artisanales a évolué de plus de 20 % dans la moitié des régions. Les plus fortes hausses sont enregistrées dans le Grand-Est et les Pays de la Loire (+ 27 %) et en Bretagne (+ 26 %). L’Île-de-France est la seule région en retrait (-4 %), en partie en raison de la baisse des immatriculations de taxis-VTC et plus globalement de la chute des créations dans les activités de service et de fabrication.
L’entrepreneuriat est également très dynamique dans les départements de métropole (Bas-Rhin, Ille-et-Vilaine) mais aussi dans les départements très ruraux (Lozère, Ariège, Cher, Gers, Marne…). Avec + 23 %, les communes rurales sont celles qui ont été les plus créatrices, avec des pointes dans l’alimentation (+ 29 %), le BTP (+ 26 %) et la fabrication (+ 20 %).
Le régime de la micro-entreprise reste globalement majoritaire parmi les entreprises créées : il est choisi par 63 % des personnes. Le nouveau statut de l’entrepreneur individuel changera peut-être cette donnée les prochaines années.
Enfin, il est à noter que de nombreux créateurs se relancent après un échec. Près de 33 % d’entre eux ont déjà lancé une entreprise par le passé. Et 10 % pilotent plusieurs structures en même temps.
(sources : Insee, Ursaff, Institut Supérieur des Métiers, MAAF)
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir !
Articles similaires

Défaillances : plus qu’une vague, un raz-de-marée
Avec 70 803 défaillances en douze mois, la France franchit un nouveau seuil inquiétant. Derrière ce chiffre se joue une crise silencieuse, concentrée sur les plus petites entreprises. Trésoreries exsangues, retards de paiement, activité incertaine et dettes à rembourser : pour les patrons de TPE, le pire n'est peut-être pas passé.
20 août 2026

Quand la médiation sauve des TPE avant qu’il ne soit trop tard
Service gratuit, confidentiel et de proximité, la médiation du crédit permet aux petites entreprises de réaménager leurs financements, d’éviter la rupture de trésorerie et de préserver des emplois. Saisie tôt, elle aboutit dans près de 60% des cas et a déjà conforté des milliers de postes sur tout le territoire.
31 juillet 2026

Jour 61, la date qui étrangle les TPE
Chaque facture payée en retard n’est pas un “aléa administratif” mais une prise d’otage de trésorerie. Alors que l’État, des collectivités et de grands donneurs d’ordres se posent en champions de l’économie réelle, leurs retards asphyxient les TPE, reportent des embauches et minent l’investissement. Il est temps d’inverser la charge : payer à l’heure doit redevenir une obligation, pas une faveur
29 juillet 2026


Connectez-vous pour participer à la discussion.
Se connecterPas encore inscrit ? Créer un compte