L'âge ne fait rien à l'affaire
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

Les seniors sont des patrons comme les autres, voire un peu mieux. Alors que les salariés seniors redoutent d’être stigmatisés, la dernière étude de Bpifrance…
Les seniors sont des patrons comme les autres, voire un peu mieux.
Alors que les salariés seniors redoutent d’être stigmatisés, la dernière étude de Bpifrance Le Lab révèle que les entrepreneurs de plus de 50 ans ont la séniorité positive. Les entrepreneurs seniors sont des entrepreneurs comme les autres. Leurs entreprises sont sensiblement de même tailles et secteurs que celles de leurs benjamins.
Leurs ambitions stratégiques restent intactes avec l’âge : ils déclarent le même rapport au risque, la même capacité d’innovation, la même volonté de croissance. L’âge sublime leur état d’esprit, accentuant la détermination et la satisfaction d’être dirigeant. Plus l’âge avance, plus le nombre d'entrepreneurs « très satisfaits » dans leur rôle augmente (plus de 40 % après 50 ans, moins de 30 % avant). Et contre toute attente, les entrepreneurs seniors, y compris ceux de plus de 70 ans, se déclarent en bonne santé physique, ils dorment mieux et sont en meilleure santé mentale.
C’est dans la tranche d’âge 40-50 ans que les signes de santé physique et le sommeil sont au plus bas. A 50 ans passés, les entrepreneurs ont surmonté bien des épreuves – le premier prud’homme, le premier problème de trésorerie, la première démission - et gèrent mieux leur stress face aux défis entrepreneuriaux. « Après 50 ans, les enfants sont grands, la maison ou l’appartement familial est quasiment payé. Pour ceux qui ont la fibre entrepreneuriale et ne se sont pas autorisés à se lancer plus jeunes, il y a tout à gagner : l’expérience paie et le réseau ouvre des portes. » déclare Elise Tissier, directrice de Bpifrance Le Lab.
Fibre entrepreneuriale
S’il est un domaine qui concentre les craintes de stéréotypes âgistes, c’est celui du financement. 64 % des plus de 50 ans, et 68 % des plus de 60 ans, voient leur âge comme un potentiel frein auprès des banques. C’est respectivement 48 % et 55 % pour la levée de fonds. Pourtant, les entrepreneurs seniors, y compris après 60 ans, ne déclarent pas plus de difficultés de financement que leurs benjamins. 55% des entrepreneurs, tous âges confondus, déclarent l’accès au prêt bancaire difficile ou très difficile (4 % non concernés).
C’est 58% pour la levée de fonds (24% non concernés). Les entretiens avec l’écosystème révèlent cependant un pivot autour de 60 ans, âge à partir duquel tout entrepreneur cherchant à se financer doit intégrer sa succession à son projet (associés plus jeunes, entrée au capital de managers, etc.) L’accès au financement se joue ailleurs : c’est le profil de l’entreprise (taille et âge) qui influence l’accès aux financements, de même que la voie d’accès à l’entrepreneuriat (c’est plus difficile pour les fondateurs que les repreneurs) et l’ancienneté de l’entrepreneur à la tête de l’entreprise (plus le dirigeant en est à la tête depuis longtemps, plus l’accès est facile. Il existe pourtant deux exceptions : les chercheurs entrepreneurs dans la deeptech, exception non liée à l'âge mais à la nature du projet, et les femmes entrepreneures seniors dont l’accès au financement non bancaire est perçu comme beaucoup plus difficile que pour leurs homologues masculins.
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