Déficit commercial : toujours plus bas
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

Le coût de l’énergie a lourdement pesé sur le commerce extérieur de la France au 1er semestre. Le déficit commercial de la France continue de se creuser. Il a…
Le coût de l’énergie a lourdement pesé sur le commerce extérieur de la France au 1er semestre.
Le déficit commercial de la France continue de se creuser. Il a été de 71 Mds au cours du 1er semestre de cette année, contre – 51 Mds au dernier semestre 2021. La facture énergétique pèse pour 48 Mds dans ce chiffre. Le rebond de l’activité en sortie de crise puis l’invasion de l’Ukraine ont contribué à une explosion des prix de l’énergie, notamment du pétrole et du gaz. Les approvisionnements énergétiques ont également été renchéris par la dépréciation de l’euro face au dollar. Entre le 2ème trimestre 2020 et le 2ème trimestre 2022, les prix de l’énergie à l’importation ont été multipliés par près de cinq. Hors énergie et matériel militaire, le solde est d’environ -36 Md Les parts de marché mondiales de la France continuent donc de se dégrader.
139 000 entreprises exportatrices
Tout n’est pas complétement négatif, puisque les services enregistrent un excèdent de 34 Mds , en lien avec la bonne tenue du tourisme (reprise des voyages) et du transport (le prix élevé du fret maritime bénéficie à l’armateur CMA – CGM). Et le chiffre d’entreprises exportatrices (139 000) continue de croitre. Le secteur textile (+26 %) ou les produits pharmaceutiques, chimiques, parfums et cosmétiques (+22 %). Les échanges agricoles et agroalimentaires sont très légèrement positifs à + 4,5 %, porté par un certain dynamisme vers l’Amérique du Nord et notamment le Canada, depuis l’entrée en vigueur du CETA.
Toutefois, d’autres secteurs majeurs restent largement pénalisés, à la fois par les suites de la crise Covid, mais également en conséquence de l’agression russe de l’Ukraine qui a accentué la perturbation des chaines d’approvisionnement. Les exportations aéronautiques restent largement en-deçà de leur niveau du second semestre 2019 (-34 %), comme les exportations automobiles (-8 %), dans une moindre mesure.
Instabilité géopolitique
Rien n’indique que les performances du commerce extérieur de la France s’amélioreront dans un futur proche, dans le cadre d’un ordre commercial international marqué par l’instabilité géopolitique mondiale. La Perturbation des chaînes de valeur, du fait de l’invasion de l’Ukraine par la Russie (sanctions commerciales, tension sur le fret, etc.), la poursuite des tensions commerciales Chine-Etats-Unis et la multiplication des irritants d’accès aux marchés tiers (comme ce projet de réglementation en Afrique du Sud sur l’étiquetage des vins) sont autant d’indicateur inquiétants.
La France reste toutefois attractive pour les investisseurs étrangers : Avec 1 222 projets recensés en 2021, la France établit un nouveau record européen en la matière, dans une Europe qui n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant crise. L’année 2022 s’annonce très prometteuse avec déjà 6,7 milliards d’euros.
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