Carburants - Le plein d'exaspération
Par Jean-François Ferrando · Directeur Publication

Même si quelques signaux positifs se font ressentir, la crise des carburants est loin d’être terminée. Les entreprises de proximité en sont les premières…
Même si quelques signaux positifs se font ressentir, la crise des carburants est loin d’être terminée. Les entreprises de proximité en sont les premières victimes.
Enlisement ou sortie de crise ? On ne sait pas encore quoi trop penser face aux dernières évolutions de la pénurie de carburant. Le gouvernement, qui a été une fois de plus dans la réaction et non pas dans la gestion, a heureusement su faire preuve de fermeté en mettant en place des réquisitions, approuvées ce matin par la justice. Trop tard, certes, mais au moins dans certains secteurs la situation s’est améliorée, même si les files d’attentes continuent à s’allonger et que l’exaspération gagne les Français.
On a trop sous-estimé l’effet boule de neige de ces grèves. C’est toute l’économie qui est touchée. En premier lieu ceux qui doivent prendre la route tous les jours pour aller sur les chantiers, pour se fournir auprès de prestataires, pour rencontrer des clients. Mais quand les consommateurs ne parviennent plus à se déplacer, ce sont aussi les commerçants qui sont frappés Alors que la situation économique ne cesse de se dégrader depuis plusieurs mois, c’est un coup de plus porté aux entreprises de proximité.
Des entrepreneurs vont se retrouver sans travail et donc sans ressources, eux qui sont très loin de toucher les salaires versés dans les raffineries et les dépôts pétroliers. Encore une fois, on se trompe de cible et de combat. Les syndicats veulent frapper les grands patrons, dirigeants anonymes et hors-sols et ils mettent à terre les TPE, celles qui font vivre les territoires et créent de l’emploi.
Pendant ce temps, des blocages perdurent, portés par cette notion insupportable de grève préventive et par la volonté de la CGT d’imposer ses diktats minoritaires. Les directions et les syndicats majoritaires ont décidé de discuter, arrivant même à un accord. Mais la CGT est arcboutée sur ses rêves de grand-soir, de grève générale, comme raniment des images révolutionnaires. A force de jouer avec le feu, certains mouvements de gauche et d’extrême-gauche risquent d’embraser un pays qui n’en a pas besoin.
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