Une conjoncture toujours morose
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

Le triptyque difficultés d’approvisionnement, hausse des prix, problèmes de recrutement, continue de peser sur l’activité des entreprises françaises.Aux…
Le triptyque difficultés d’approvisionnement, hausse des prix, problèmes de recrutement, continue de peser sur l’activité des entreprises françaises.
Aux conséquences désormais bien identifiée de la guerre en Ukraine, s’ajoute la reprise des mesures de confinement dans certaines régions chinoises : les difficultés d’approvisionnement vont continuer à être une des préoccupations majeures des chefs d’entreprises.
Si au mois de mars, selon la dernière enquête de conjoncture de la Banque de France, certains secteurs économiques comme l’hébergement, la restauration, la location de matériels ou d’automobiles, ont retrouvé des couleurs (ce qui est la moindre des choses après les situations catastrophiques des entreprises depuis deux ans) d’autres domaines s’inscrivent en repli ou en stagnation, comme l’industrie et le bâtiment.
Nouveaux secteurs impactés
« Les chefs d’entreprises mentionnent de fortes incertitudes et ont de réelles difficultés à se projeter et à mesurer toutes les conséquences de la guerre en Ukraine sur leur activité », explique la Banque de France. « Les niveaux d’incertitude atteints pour l’industrie et le bâtiment sont comparables à ceux mesurés lors du deuxième confinement ». L’incertitude faisant rarement bon ménage avec une économie dynamique, on peut craindre un repli de la croissance. 60 % des entreprises industrielles et 56 % de celles du BTP ont fait état de difficultés d’approvisionnement ces dernières semaines, et le secteur agro-alimentaire est à son tour frappé. Le taux d’utilisation des capacités de production est très bas dans les produits informatiques et électroniques, l’automobile, l’aéronautique, les transports ou encore la fabrication de produits en caoutchouc et plastique.
Logiquement, l’opinion sur la situation des carnets de commandes tend à s’éroder quelque peu dans l’industrie, et plus sensiblement dans le bâtiment, surtout dans le second œuvre. De nouveaux secteurs sont impactés comme celui de l’habillement, textile et chaussures avec une baisse des nouvelles commandes en provenance de Russie et de Chine. En revanche, une progression marquée de l’activité est enregistrée dans les secteurs du bois, papier, imprimerie et dans la chimie.
Le PIB souffre
Selon les chefs d’entreprise interrogés, l’augmentation des difficultés d’approvisionnement s’accompagne de hausses des prix des matières premières et des produits finis. Le solde d’opinion sur les prix des matières premières progresse très fortement en mars, conséquence de la guerre en Ukraine. Le solde d’opinion sur les prix des produits finis, augmente également, mais de façon plus modérée, excepté dans l’agro-alimentaire. « L’augmentation des difficultés d’approvisionnement s’accompagne de hausses des prix des matières premières et des produits finis », souligne la Banque de France.
L’autre gros caillou dans la chaussure des entrepreneurs, à savoir les difficultés de recrutement, ne diminue pas. Tous secteurs confondus, elles concernent la moitié des entreprises.
Le PIB reste encore en hausse au premier trimestre, porté par le début d’année, mais à un rythme plus modéré qu’attendu par les experts. Le rattrapage des niveaux d’avant-crise demeure problématique.
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