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Les TPE  face au pillage des chantiers

Par Alfred DAVIZE · Journaliste

·3 min de lecture·7006 vues
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Chantiers vides, clôtures forcées, engins envolés : l’été et les nuits deviennent un supermarché pour voleurs. Entre 2024 et 2025, les vols d’engins ont doublé et la note moyenne par vol grimpe à 45 000 €. Pour une TPE, c’est la survie qui vacille. On ne peut plus faire «au mieux»; il faut serrer la vis, maintenant.

Le vol sur chantier s’installe et devient terriblement problématique pour les patrons de TPE. 7 entreprises du Bâtiment sur 10 ont ainsi déjà subi un vol d’engins, qui ont vu leur taux doubler en un an. Le risque s’étend par ailleurs à tous les véhicules pro: les utilitaires pèsent désormais 29% des vols, leur part ayant bondi de 37% en un an. 3 professionnels sur 4 rapportent des pertes d’exploitation après un vol, jusqu’à 85 000 € quand tout s’additionne: chantiers en retard, équipes immobilisées, pénalités, primes d’assurance qui grimpent.

Ces délits s’effectuent directement sur les chantiers (6 vols sur 10), la nuit (2 sur 3) et le week‑end (1 sur 2). Les réseaux sont organisés, les fenêtres de vulnérabilité sont connues, et le BTP, en sous‑tension financière, devient une cible idéale. Autour de 10 utilitaires et/ou 3 engins, une TPE est déjà « appétissante ». L’été reste une saison rouge avec des  chantiers moins occupés, des surveillances relâchées, des congés. En Île‑de‑France, l’exposition est particulièrement élevée.

Sécurisation insuffisante

 Un tiers des pros citent carrément le risque de faillite comme première conséquence possible, avec le risque de voir les assurances exploser leurs tarifs, tandis que les délais des chantiers s’allongent.

Pourtant, près de 2 entreprises sur 3 ont une solution de sécurisation… mais dans 6 cas sur 10, le système n’a pas permis la récupération du matériel. La prévention passive seule ne fait pas le poids face à des voleurs qui brouillent, repèrent, reviennent. On ne supprimera pas tout vol. En revanche, la récupération rapide après‑vol change l’issue économique. Des dispositifs associant traceurs autonomes et équipes terrain (détectives disponibles 24/7, coordination avec les forces de l’ordre) permettent de localiser et récupérer vite, jusqu’à 78% d’engins récupérés en moins de 48 h sur des parcs équipés de solutions de récupération actives.

Il est essentiel de sécuriser physiquement le périmètre (clôtures anti‑intrusion, éclairage mobile, cadenas inviolables, containers verrouillés), et de prévoir des cisailles d’arrêt moteur, coupe‑batterie, antivols d’attelage ainsi qu’enlever clés et badges, jamais laissés dans les cabines, en sachant que les voleurs repèrent les habitudes.  Varier horaires et stationnements est vital. On peut aussi se rapprocher des fédérations locales (ex. FFB Grand Paris Île‑de‑France et son programme «Ras le vol») pour les « bons réflexes » et la coordination avec police/gendarmerie.

 

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