Les cadres dans l’attente
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

Le climat conjoncturel reste peu porteur pour l’emploi cadre avec des niveaux de confiance en baisseL'Apec dévoile les résultats de son baromètre trimestriel…
Le climat conjoncturel reste peu porteur pour l’emploi cadre avec des niveaux de confiance en baisse
L'Apec dévoile les résultats de son baromètre trimestriel sur les intentions d’embauche des cadres, de nouveaux chiffres qui viennent confirmer la tendance déjà amorcée : le repli du marché de l'emploi cadre. La confiance, tant du côté des entreprises que de celui des cadres, s'érode et compromet la reprise des embauches. Pour le 2e trimestre 2025, la baisse des intentions de recrutement pourrait contrarier les projets de mobilité des cadres, notamment ceux les plus jeunes.
Après trois années de croissance soutenue, les recrutements effectifs de cadres ont sévèrement fléchi en 2024 (304 300 ; -8 % par rapport à 2023). En 2025, cette contraction perdure. Les entreprises affichent un faible optimisme face à l’évolution de leur activité : aujourd’hui, seulement 67 % des entreprises s’estiment confiantes dans l’évolution de leur carnet de commande (-5pt). Les intentions d’embauche perdent à nouveau en intensité dans les grandes structures (46 %, soit 3 points de moins qu’il y a un an) et dans les TPE (4 % ; -2 pts). Une situation qui s’explique en grande partie par le climat d’incertitude gouvernementale provoqué par la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024 et l’instabilité géopolitique internationale.
De plus, les annonces erratiques du mois d’avril sur les hausses des droits de douane américains ont accentué les incertitudes des entreprises, notamment dans certaines filières industrielles, comme l’aéronautique, l’automobile et l’agroalimentaire. Dans ce contexte, les entreprises demeurent prudentes.
Côté cadres, les perspectives ne sont pas plus réjouissantes : leur confiance a progressivement diminué depuis trois ans : seuls 69 % d’entre eux sont confiants dans la situation économique de leur entreprise (-2 pts par rapport à mars 2024, -6 pts par rapport à mars 2023, -10 pts par rapport à mars 2022), 72 % sont confiants dans la sécurité de leur emploi mais seuls 59 % envisagent de nouvelles perspectives d’évolution professionnelle avec optimisme.
Un marché morose
Dans l’ensemble, la dynamique du marché de l’emploi cadre demeure atone. En effet, 9 % des entreprises prévoient de recruter au moins un cadre dans les trois mois à venir, soit exactement autant qu’il y a un an. Ce niveau est également comparable à celui de la fin d’année 2024, qui a été une période particulièrement morose pour les entreprises.
La dynamique diffère toutefois selon la taille d’entreprise. Les intentions d’embauche perdent à nouveau en intensité dans les grandes structures (46 %, soit 3 pts de moins qu’il y a un an) et dans les TPE (4 % ; -2 pts). Elles n’y ont d’ailleurs jamais été aussi basses depuis le début de la mesure en décembre 2020. Dans les PME, les intentions de recrutement progressent légèrement (15 % ; +2 pts), après avoir été particulièrement basses en mars 2024.
Côté cadres, les envies de mobilité se maintiennent à 13 % et sont plus importantes chez ceux de moins de 35 ans (18 %). Pour autant, la part des cadres anticipant des difficultés à retrouver un emploi équivalent à celui qu’ils occupent actuellement augmente (56 % ; +4 pts sur un an), en particulier chez les e moins de 35 ans (42 % ; +9 pts).
Dans le contexte conjoncturel actuel, les intentions de mobilité pourraient davantage être motivées par des raisons défensives, comme la crainte de perdre son emploi ou le manque de perspectives d’évolution dans l’entreprise. Les cadres pourraient dès lors se retrouver en tension entre leur désir de changer d’employeur ou de voir leur situation professionnelle progresser, et un environnement de marché moins prometteur.
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