L’emploi des cadres retrouve des couleurs
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

Si le marché de l’emploi des cadres s’est mieux porté en 2021, des disparités demeurent entre secteurs, territoires et profils. Avec 269 100 recrutements…
Si le marché de l’emploi des cadres s’est mieux porté en 2021, des disparités demeurent entre secteurs, territoires et profils.
Avec 269 100 recrutements cadres réalisés en 2021, le marché retrouve presque son niveau d'avant-crise (281 300) et dépasse le volume d'embauches attendues, selon le baromètre annuel de l’Apec (Association pour l’emploi des cadres).
Une dynamique à plusieurs vitesses
Les services à forte valeur ajoutée sont restés les 1er recruteurs de cadres, en particulier les activités informatiques (21 % des recrutements), l'ingénierie-R&D (13 %) et les activités juridiques et comptables - conseil et gestion des entreprises (10 % ). Portés par la reprise, certains secteurs ont vu leurs recrutements dépasser le niveau d'avant-crise, c'est le cas de la banque-assurance (+15 % vs 2019) ou du secteur santé-action sociale (+13 %).
D'autres, comme l'industrie du bois, papier, imprimerie (-30 %), l'industrie automobile-aéronautique (-24 %) ou la communication-médias (-20 %), ont été très fragilisés et accusent une baisse des recrutements qui ne se résorbent pas.
Côté fonctions, sans surprise, les informaticiens ont été les plus convoités (23 % des recrutements) . Aux côtés des commerciaux et des cadres d' études-R&D , ils concentrent une proportion importante des recrutements de cadres en 2021 (55 %).
Jeunes diplômé.es : une insertion boostée par l'alternance
Bonne nouvelle, 82 % des Bac+5 de la promotion 2020 occupant un emploi 12 mois après l'obtention de leur diplôme, soit un niveau équivalent à celui de l'avant-crise. L' alternance s'affirme comme un tremplin efficace pour l'insertion professionnelle. 9 jeunes sur 10 , ayant effectué leurs études en alternance durant leur cursus, sont ainsi en emploi 12 mois après avoir été diplômés, dont les ¾ en CDI.
Cependant, des signaux faibles sont à noter. Le salaire annuel brut médian des jeunes diplômés en vitesse poste, en perte de depuis deux promotions consécutives, atterrit à 30 000 pour la promotion 2020. Les inégalités salariales entre les femmes et les hommes apparaissent également dès le début de carrière (27 600 vs 33 000 ) et ne se résorbent que très peu. Autre point d'alerte, 20 % des jeunes en poste fournissent leur emploi comme un « emploi alimentaire », et près d'1 sur 3 estiment que leur travail n'est pas en phase avec leurs aspirations .
Salaire : des inégalités persistantes
En 2021, le salaire médian des cadres s'élève à 51K bruts annuels (vs 50K en 2018, 2019 et 2020), soit un petit +2% en 3 ans. Cette stabilité relative s'accompagne de la persistance des inégalités femmes-hommes, dont l'écart de salaire ne se réduit pas . En 2021, les femmes cadres gagnent encore 15 % de moins que les hommes cadres et sont pourtant, en proportion, toujours moins augmentées que les hommes.
Des disparités régionales
L’Île-de-France avec 128 420 embauches de cadres en 2021 (près d’1 recrutement cadre sur 2) s’impose de loin comme la 1re région. Elle bénéficie d’une forte concentration en services à forte valeur ajoutée (activités informatiques, ingénierie-R&D et conseil). Fait saillants, l’Occitanie et la Normandie, fortement impactées en 2020, enregistrent les plus fortes progressions (+33 % vs 2020). Un rattrapage lié à la reprise dans les industries automobile et aéronautique et autres matériels de transport, très présentes dans ces territoires. Enfin, des régions tirent également leur épingle du jeu : la Bretagne et Provence Alpes côte d’Azur et Corse. Elles sont les seules régions à avoir dépassé leur niveau d’embauches de cadres de 2019. Avec 8 630 recrutements (+5 % par rapport à 2019), le territoire breton a profité notamment de la bonne orientation du secteur de l’ingénierie-R&D, de la construction et de la santé-action sociale. En Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse, 17 530 cadres ont été recrutés (+2 % par rapport à 2019) et plus particulièrement par des entreprises des activités informatiques, du secteur des énergies, eau et gestion des déchets ou encore de la santé-action sociale.
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