Le transport routier patine
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

L’incertitude qui frappe les entreprises du transport routier pèse sur l’emploi et l’investissement Les chefs d’entreprises constatent une détérioration de…
L’incertitude qui frappe les entreprises du transport routier pèse sur l’emploi et l’investissement
Les chefs d’entreprises constatent une détérioration de leur activité au 2ème trimestre 2022. Il en est de même de leurs perspectives pour le troisième trimestre 2022. L’indicateur qui mesure l’activité au 2ème trimestre 2022 diminue mais demeure cependant bien au-dessus de son niveau moyen et celle sur l’activité future restent légèrement au-dessus de sa moyenne à longue terme. Bien que les deux indicateurs restent au-dessus de leur moyenne de long terme, la tendance est à la baisse pour les deux incitateurs depuis début 2022.
Difficultés de recrutement
En ce qui concerne l’emploi, l’indicateur qui mesure l’évolution des effectifs au 2er trimestre 2022 et celle sur l’évolution des effectifs le trimestre prochain diminuent nettement et atteignent leur moyenne de long terme. Les difficultés de recrutement restent très élevées mais stables depuis janvier. D’après la dernière enquête de l’INSEE, en juillet 2022, 67 % des transporteurs rencontrent des difficultés de recrutement. Un niveau record qui dépasse les difficultés rencontrées avant la crise sanitaire par le secteur. Si cette situation se poursuit l’activité du secteur pourrait être grandement pénalisée à long terme.
Investissement en berne
Selon les transporteurs interrogés en juillet 2022, l’indicateur qui mesure l’investissement de véhicules neufs se dégrade de nouveau et régresse par rapport au trimestre précèdent. Il reste très loin de son niveau moyen. L’indicateur avait progressé depuis sa chute historique en septembre 2020, mais il restait encore très en-dessous de sa moyenne de longue période. L’investissement est notamment affecté par la conjoncture, à un niveau qui illustre parfaitement l’état de santé des entreprises et qui pourrait également avoir un impact en matière de transition énergétique.
En avril 2021, une nouvelle question sur l’incertitude économique ressentie par les entreprises dans le transport routier de marchandises a été ajoutée au questionnaire de l’Insee. En juillet, cet indicateur qui mesure l’incertitude économique ressentie augmente et reste au-dessous de sa moyenne depuis avril 2021, c’est-à-dire que le nombre de chefs d’entreprises qui estiment avoir de la visibilité sur leur activité à venir augmente.
Baisse des marges
Le baromètre de la FNTR sur la situation des entreprises se dégrade et se situe pour la 2ème fois consécutive en-dessous de sa moyenne à long terme. L’indicateur qui avait surpassé sa moyenne de longue période pendant 2 trimestres consécutifs depuis sa chute historique en raison de la crise sanitaire, baisse de nouveau par rapport au trimestre précédent. Ce recul est dû notamment à la baisse des marges des entreprises qui se dégradent du fait de l’inflation généralisée. La moitié des chefs d’entreprise ne sont pas satisfaits de la situation actuelle pour leurs entreprises. A noter que 23 % d’entrepreneurs sont sans avis, soit une légère baisse par rapport au trimestre précèdent (24 %), ce qui est lié avec l’indicateur sur l’incertitude économique de l’INSEE.
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir !
Articles similaires

Retards de paiement : le hold-up silencieux qui étouffe les TPE (et la vague ne retombe pas)
Les patrons de TPE et les indépendants n’ont pas signé pour devenir des banques. Pourtant, depuis des mois, les retards de paiement s’allongent et transfèrent la trésorerie des plus petits vers les plus gros. Les chiffres (Altares, Banque de France, DGCCRF) confirment une dégradation, pendant que les défaillances d’entreprises restent à un niveau record. Et sans électrochoc, le mécanisme est appelé à durer.
3 mars 2026

Facturation électronique : on ne peut plus “attendre de voir”
La facturation électronique n’est plus une “réforme à venir” : c’est une échéance qui arrive vite, et qui va toucher toutes les entreprises, y compris les TPE et les indépendants. Dès le 1er septembre 2026, chacun devra être en capacité de recevoir des factures électroniques ; puis au 1er septembre 2027, les TPE et micro-entreprises devront émettre leurs factures selon les nouvelles règles. Attention : envoyer un simple PDF par email ne suffira pas. La réforme impose le passage par des plateformes et des formats structurés, avec des informations plus précises (SIREN du client, catégorie d’opération, etc.). Pour les petits patrons, le sujet n’est pas “informatique” : c’est une question de trésorerie, de temps gagné (ou perdu), et de conformité. Le bon réflexe ? Ne pas attendre 2027. Dès maintenant, il faut nettoyer sa base clients, vérifier son logiciel de facturation, choisir une plateforme adaptée, et tester un circuit complet du devis jusqu’au paiement. L’objectif n’est pas de devenir expert, mais d’être prêt sans stress, sans rupture, et sans mauvaises surprises.
25 février 2026



Connectez-vous pour participer à la discussion.
Se connecterPas encore inscrit ? Créer un compte