La crise, encore et toujours
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

Une nouvelle enquête confirme les immenses difficultés rencontrées par les petites entreprises et leur manque de perspectives.C’est toujours la grande noirceur…
Une nouvelle enquête confirme les immenses difficultés rencontrées par les petites entreprises et leur manque de perspectives.
C’est toujours la grande noirceur dans la tête des dirigeants de TPE / PME, mais aussi dans leurs affaires et dans leurs perspectives. La dernière étude de Bpifrance vient de montrer qu’ils sont moins optimistes qu’il y a un an, et que cette tendance se vérifie par rapport aux moyennes de long terme. Les raisons de ce mal-être ? Le chiffre d’affaires, les effectifs, les prévisions de commande, la faiblesse de la demande, l’incertitude. La trésorerie évolue peu et partout, la rentabilité se dégrade, dont le tourisme et les transports alors que l’accès au crédit reste difficile. Autant dire un cocktail désarmant par sa complexité et son poids. Les TPE de moins de 10 salariés sont encore plus touchées et anticipent un fort repli de leur activité.
Seule légère éclaircie, la crise de l’approvisionnement en matières premières semble appartenir au passé, si l’on se réfère aux grandes difficultés connues en 2022 après l’invasion de l’Ukraine. Forcément, dans ce contexte atone, l’investissement est en berne : les TPE / PME sont 38 % à penser investir contre 43 % l’an dernier et 49 % en moyenne depuis 2022. C’est le signe fort de l’incertitude, du manque de dynamisme de l’économie, de l’inquiétude des dirigeants. Il faudrait percevoir plusieurs facteurs de rebond assez ferme pour sortir de cet attentisme bien compréhensible.
Les PGE se remboursent
L’activité resterait morose dans l’industrie et le commerce, elle se détériorerait dans la construction, le tourisme et les transports, serait peu plus favorable dans les services aux entreprises et aux particuliers. Mais ans tous les cas, on reste en-dessous des chiffres à long terme. Les entreprises innovantes vont, et c’est habituel, un peu mieux, ainsi que les exportatrices, mais celles-ci commencent à se poser de nombreuses questions face aux montagnes russes (ou plutôt américaines…) des tarifs douaniers. L’export pourrait ne plus rimer avec croissance.
Enfin, parmi les TPE-PME déclarant avoir souscrit à un PGE (environ la moitié des répondants à l’enquête), 74 % déclarent l'avoir consommé dans sa majorité (après 71 % en novembre 2024 et 67 % il y a un an). 23 % des TPE-PME ayant contracté un PGE déclarent l'avoir déjà remboursé dans son intégralité (+4 points sur un an). En outre, l'approche de la date limite de remboursement d'une partie des PGE (en 2026) se traduit par une nette hausse de la proportion de TPE-PME envisageant un remboursement d'ici la fin de l'année (24 %). Ainsi, au total, 47 % des TPE-PME ayant contracté un PGE auraient remboursé leur prêt d'ici fin 2025 (après 32 % au printemps dernier pour 2024). Malgré l'arrivée à échéance d'une partie des prêts, la part des TPE-PME qui craignent de ne pas être en mesure de rembourser leur PGE est stable à 4 %.
À ce stade de l'année, les TPE-PME restent très prudentes s'agissant de leurs perspectives d'activité pour 2026. L’indicateur prévisionnel perd 3 points sur un an et s'établit 12 points en-dessous de son niveau moyen de long terme.
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