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Facture électronique, prêts ou pas prêts ?

Par Alfred DAVIZE · Journaliste

·5 min de lecture·6195 vues
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La facture électronique devient progressivement incontournable pour les très petites entreprises. L’enjeu consiste à anticiper les échéances, à choisir une solution adaptée et à préparer les outils comme les équipes.

Au jour de l’entrée en vigueur de l’obligation de facturation électronique pour les entreprises, la dynamique s’est nettement accélérée : 3,8 millions d’entreprises sont désormais inscrites à une plateforme agréée, contre 1,1 million en mai, soit près d’une entreprise sur deux. Une progression importante en quelques mois, qui masque toutefois de fortes disparités selon les professions. Ces chiffres, issus des comportements d’inscription de plus de 300 000 indépendants sur la plateforme agréée d’Indy, montrent que la transition reste encore très inégale selon les métiers.

Commerçants : une réforme qui ajoute de nouvelles contraintes au quotidien

Pour les commerçants, la facturation électronique implique de faire évoluer des habitudes administratives dans un quotidien déjà largement consacré à la gestion de leur activité. La réforme soulève notamment de nouvelles questions autour de la gestion des factures électroniques adressées à d’éventuels clients professionnels, mais aussi du e-reporting, qui fait partie des nouvelles obligations liées à la réforme. Autre enjeu : les outils utilisés au quotidien. D’après les retours recueillis par Indy lors d’interviews menées auprès de ses utilisateurs, ainsi que dans le cadre d’échanges avec différentes associations et fédérations professionnelles, les commerçants doivent désormais s’assurer que leurs solutions de gestion, notamment leurs logiciels de caisse et de facturation, sont adaptées aux nouvelles exigences de la réforme, alors même que la facturation électronique vient s’ajouter à leurs démarches administratives habituelles.

Taxis et VTC : un métier encore très éloigné de la dématérialisation

En ce qui concerne les taxis et les VTC, les témoignages recueillis par Indy mettent en lumière une explication qui tient en partie aux spécificités du métier de chauffeur. Une activité par nature très mobile et centrée sur les courses et les déplacements, qui laisse peu de place aux démarches administratives. Contrairement à des professions davantage sédentaires, les taxis et VTC ont historiquement privilégié le temps consacré à leur activité opérationnelle plutôt qu’à la gestion administrative. La facturation, les justificatifs et les démarches comptables sont souvent traités en dehors des temps de course, en fin de journée ou de semaine, voire regroupés sur des temps dédiés. La réforme vient donc modifier des habitudes administratives bien installées dans des métiers historiquement assez éloignés de la dématérialisation. La réforme de la facturation électronique implique donc pour ces professionnels de faire évoluer des habitudes administratives profondément ancrées, alors même que leur quotidien est avant tout tourné vers le terrain.

Avocats : dans l’attente

Beaucoup attendent encore les retours et recommandations de leur barreau ou des associations professionnelles. Il y a donc une forme d’attentisme. Ils sont également particulièrement prudents dans le choix de leur plateforme agréée, notamment en raison de la confidentialité des données de facturation qu’ils manipulent.

Professionnels de santé : confusion et rattrapage

Ils ont longtemps pensé ne pas être concernés par la réforme, notamment parce qu’une partie de leurs activités est exonérée de TVA. Jusqu’à septembre/octobre 2025, ils étaient d’ailleurs largement exclus du périmètre de la réforme. Certains ordres professionnels ont même exprimé des réserves auprès de Bercy sur leur inclusion. Cette évolution tardive a pu créer de la confusion, mais les professionnels ont depuis largement rattrapé leur retard.

Artisans : besoin de conseils

Leur situation est assez comparable à celle des taxis/VTC : ce sont des professions très mobiles, souvent peu digitalisées sur le plan administratif. Beaucoup s’en remettent aussi aux recommandations de leur expert-comptable avant de choisir une plateforme agréée.

Freelances : peu concernés

Ils sont généralement très à l’aise avec les outils numériques et avec la gestion administrative en ligne. Leur principal frein tient davantage à la structure de leur activité : beaucoup sont en micro-entreprise ou ont de très petites activités, et ne se sentent donc pas spontanément concernés par une réforme qui leur paraît destinée aux entreprises plus importantes.

Agents immobiliers : plutôt en avance

Leur niveau d’adoption est relativement élevé, même si une part importante exerce sous le régime de la micro-entreprise. Ils sont donc souvent à l’aise avec les outils numériques et les démarches dématérialisées.



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