Agroalimentaire : les fournisseurs en danger
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

Le souveraineté alimentaire française est mise à mal par les négociations commerciales. A quelques semaines de l’ouverture des négociations commerciales 2025…
Le souveraineté alimentaire française est mise à mal par les négociations commerciales.
A quelques semaines de l’ouverture des négociations commerciales 2025 entre distributeurs et industriels, la FEEF (Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France, qui représente les fabricants des produits de consommation du quotidien) publie pour la deuxième année consécutive le baromètre de la situation économique et financière des TPE-PME-ETI fournisseurs de la distribution réalisé par la Banque de France.
Le constat est sans appel : depuis 2018, la fragilisation du tissu industriel ne cesse de s’accentuer. L’encadrement juridique des négociations commerciales, issu en particulier des différentes lois EGAlim, n’a pas permis de protéger les fournisseurs. Dans ce contexte, la FEEF appelle les pouvoirs publics à réagir et à engager une réforme des négociations commerciales dédiée aux industriels pour soutenir les entreprises à taille humaine engagées dans les territoires et dans les filières agricoles françaises. Les principaux résultats de l’étude Banque de France réalisée sur le périmètre des adhérents de la FEEF qui regroupe plus de 1100 entreprises (22 milliards d’euros de chiffre d’affaires) mettent en évidence les éléments suivants :
▪ 33% d’entreprises déficitaires en 2023 contre 19% en 2018, soit une augmentation de 74% d’entreprises en difficultés depuis 7 ans ;
▪ Près d’1 entreprise PME-ETI sur 2 a aujourd’hui un taux d’endettement supérieur à 7 ans ;
▪ Doublement du poids des charges financières des industriels entre 2022 et 2023. La fragilisation du tissu est aussi un vrai risque pour le monde agricole français car : 78% de leurs approvisionnements de matière première agricole (MPA) sont d’origine française, 43% de la MPA achetée par les bénéficie de SIQO ou de labels de qualité (AOP, Bio, HVE, IGP, Label Rouge…).
Pour Léonard Prunier, Président de la FEEF : « Le gouvernement et les parlementaires doivent tirer les conséquences de ces résultats économiques alarmants. Est-ce qu’EGAlim est en cause ? En tout cas, la période 2018-2023 est marquée par une dégradation continue de la santé économique des industriels. Il est temps de réformer les négociations commerciales afin de prendre en compte le maillon industriel dans sa composante la plus fragile. La FEEF a des propositions dans ce sens : d’une part, différencier le cadre juridique en fonction de la taille des fournisseurs comme le demande l’Europe et, d’autre part, sanctuariser le tarif fournisseur des TPE, PME et des ETI de croissance pour garantir un juste prix et leur donner de l’oxygène »
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