L’intérim à la peine
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

Indicateur avancée de la situation économique, l’intérim ne parvient toujours pas à retrouver ses niveaux d’avant-crise sanitaire dans de nombreux secteurs.…
Indicateur avancée de la situation économique, l’intérim ne parvient toujours pas à retrouver ses niveaux d’avant-crise sanitaire dans de nombreux secteurs.
Fin juin 2022, 801 700 personnes occupaient un emploi intérimaire (données provisoires, corrigées des variations saisonnières), un niveau stable par rapport au mois précédent (–200 soit –0,0 %), après quatre mois consécutifs de baisse (–2 600 intérimaires en mai, soit –0,3 % ; –14 600 en avril, soit – 1,8 % ; –13 800 en mars, soit –1,7 % et –16 500 en février, soit –1,9 %). L’emploi intérimaire se situe au niveau de févier 2020 (+0,0 % et +200 emplois).
Fin mai 2022, dernier mois pour lequel des données détaillées sont disponibles, l’emploi intérimaire continue à baisser de –1,0 % dans le tertiaire (–3 700 intérimaires) et de –0,5 % dans l’industrie (–1 300) ; au contraire, il repart à la hausse dans la construction (+1,4%, soit +2 000).
L’industrie à la peine
L’emploi intérimaire diminue dans la plupart des secteurs industriels, et en particulier dans la fabrication d'équipements électriques, électroniques, informatiques et de machines (–1,9 %, soit –700 intérimaires) et la fabrication d’autres produits industriels (–0,9 %, soit –1 200). Au contraire, il augmente dans le secteur de la fabrication de matériels de transport (+2,3 %, soit +700). Au total, l’emploi intérimaire dans l’industrie reste inférieur à son niveau d’avant-crise (–2,1 % par rapport à février 2020).
Dans le tertiaire, l’emploi intérimaire diminue principalement dans le commerce (–3,3 %, soit –2 700 intérimaires), le transport-entreposage (–3,1 %, soit –3 500) et les activités scientifiques et techniques et les services administratifs et de soutien (–1,4 %, soit –1 500). Ces baisses sont en partie compensées par une hausse de l’intérim dans l’hébergement-restauration (+12,8 %, soit +1 900 intérimaires), l’administration publique, enseignement, santé humaine et action sociale (+4,1 %, soit +1 400) et les autres activités de services (+14,4 %, soit +1 100). Au total, l’emploi intérimaire dans le secteur tertiaire dépasse son niveau de février 2020 de 6,9 %.
L’emploi intérimaire dans la construction est encore nettement inférieur à son niveau de février 2020 (–11,3 %). Dans l’industrie comme dans le tertiaire, certains secteurs sont également encore très inférieurs à leur niveau d’avant-crise (–17,4 % par rapport au niveau de février 2020 dans la fabrication de matériels de transport ; –24,6 % dans les activités financières et d'assurance) tandis que d’autres le dépassent largement (+54,4 % dans l’administration publique, l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale).
Selon les régions
Fin mai 2022, l’emploi intérimaire évolue différemment selon les régions. La baisse est plus importante que la moyenne nationale en Centre-Val de Loire (–2,0 %, soit –700 intérimaires), dans les Hauts-de-France (–1,3 %, soit –1 000) et en Auvergne-Rhône-Alpes (–0,9 %, soit –1 000). Au contraire, l’emploi intérimaire augmente dans certaines régions, notamment en Île-de-France (+0,7 %, soit +900) et dans les Pays de la Loire (+0,7 %, soit +400).
Par rapport à l’avant-crise, l’emploi intérimaire est en deçà du niveau de février 2020 en Bourgogne-Franche-Comté (–5,0 %) et en Île-de-France (–2,5 %), mais aussi dans les Hauts-de-France (–2,1 %), en Normandie (–2,0 %) et en Centre-Val de Loire (–2,0 %). Au contraire, il est nettement au-dessus de son niveau d’avant-crise dans le Grand-Est (+5,3 %) et en Provence-Alpes-Côte d’Azur (+4,9 %).
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