L’employeur peut-il interdire l’alcool au travail ?
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

A l’occasion du « Dry January », petit tour d’horizon des règles de la consommation d’alcool au travail Pour certains, la première bonne résolution de l’année…
A l’occasion du « Dry January », petit tour d’horizon des règles de la consommation d’alcool au travail
Pour certains, la première bonne résolution de l’année prend la forme du dry January. Un défi qui consiste à ne pas boire d’alcool pendant un mois afin de prendre conscience des effets bénéfiques de ce changement de comportement.
C’est aussi l’opportunité pour les entreprises de mener des actions de prévention et d’information sur les risques liés à la consommation d’alcool et de rappeler les règles qui s'appliquent au travail. Quelles sont-elles ? Quelles sont les sanctions ? Le point avec Isabelle Vénuat, juriste aux Editions Tissot, spécialistes du droit du travail.
Le vin, la bière, le cidre et le poiré (un équivalent du cidre à base de poire) sont les seules boissons autorisées par la loi sur le lieu de travail. Mais il est toutefois interdit de laisser entrer ou séjourner des personnes en état d’ivresse dans ces lieux !
Le non-respect de cette interdiction est sanctionné par une amende de 10 000 euros appliquée autant de fois qu’il y a de salariés concernés dans l’entreprise.
Le principe est que la consommation d’alcool ne doit pas porter atteinte à la santé et à la sécurité des travailleurs. Or, elle peut modifier les capacités de travail : baisse de vigilance, champ visuel rétréci, oubli d’opérations indispensables à la sécurité, temps de réaction plus long. Ce qui entraîne un risque d’augmentation d'accident sur site et de circulation non négligeable. La survenance d’un accident sur le lieu de travail en lien avec l’état d’ébriété expose donc l’employeur à la qualification d’accident du travail, voire à sa faute inexcusable.
Protection des salariés
L’employeur a l’obligation de prendre les mesures nécessaires pour assurer la protection des salariés et prévenir tout risque d’accident. C’est pourquoi il peut limiter, voire interdire, la consommation d’alcool. Mais ces restrictions doivent être proportionnées au but recherché et justifiées par la tâche à accomplir. C’est-à-dire qu’il faut tenir compte de l’exposition des travailleurs à des risques en raison de leurs activités.
C’est le cas par exemple, du salarié qui travaille avec des produits hautement dangereux, un conducteur d’engins, ou un salarié qui utilise une plateforme élévatrice, ... De telles restrictions doivent être inscrites dans le règlement intérieur ou, à défaut, dans une note de service.
Le salarié est, lui aussi, soumis à une obligation de sécurité et doit respecter les règles prévues par le règlement intérieur. Ainsi, son état d’ébriété sur le lieu de travail constitue une faute disciplinaire pouvant donner lieu à sanction y compris s’il a consommé de l’alcool dans le cadre de sa vie personnelle. Celle-ci peut aller du simple avertissement à un licenciement pour faute selon les circonstances.
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir !
Articles similaires

Les TPE perdent leur meilleur levier de recrutement
Après une chute brutale des offres en 2025 et un simple palier début 2026, l’alternance vacille. Pour les TPE, qui s’appuient sur ce dispositif pour former et fidéliser, le risque est clair : moins d’aides, moins d’offres, plus de pénurie. Derrière les chiffres, un avertissement: sans alternance accessible et financée, ce sont les savoir-faire locaux et la relève dans les métiers en tension qui s’éteignent.
23 juin 2026

Alternance, le moteur s'enraye
L’âge d’or de l’alternance serait-il déjà derrière nous ? Après une année 2025 marquée par une chute brutale des offres, exacerbée par le coup de rabot sur les financements, l'alternance vacille. Les dirigeants de TPE se retrouvent doublement pénalisés : par l'incertitude économique et par une inquiétante désertion des candidats vers les métiers manuels et de service.
11 juin 2026

Risque routier au travail: les TPE sous pression
Quand la route devient un poste de coût et de risque majeur: 1 dirigeant de TPE-PME sur 5 seulement sait que le risque routier est la première cause de mortalité au travail. Entre responsabilités pénales, coûts cachés, fatigue et désorganisation, les petites structures sont en première ligne. Voici comment reprendre la main, protéger vos équipes et votre entreprise.
1 juin 2026


Connectez-vous pour participer à la discussion.
Se connecterPas encore inscrit ? Créer un compte