L’emploi en souffrance dans les TPE
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

Sur l’ensemble du secteur salarié privé, 615 000 emplois sont vacants en moyenne en 2023, dont 40 % dans les entreprises de 1 à 9 salariés.Le taux de vacance…
Sur l’ensemble du secteur salarié privé, 615 000 emplois sont vacants en moyenne en 2023, dont 40 % dans les entreprises de 1 à 9 salariés.
Le taux de vacance dans les petites entreprises est près de trois fois supérieur à celui des entreprises de plus de 10 salariés. Dans la construction ou l'hébergement-restauration par exemple, les entreprises de 1 à 9 salariés représentent près de deux tiers des emplois vacants, contre à peine plus du tiers des emplois occupés. Dans les petites entreprises, les emplois vacants correspondent plus fréquemment à des emplois nouvellement créés et moins souvent à des postes inoccupés.
En moyenne en 2023, 615 000 emplois sont vacants dans le secteur privé, hors agriculture, particuliers employeurs et activités extraterritoriales, 368 000 dans des entreprises de 10 salariés et plus, et 247 000 dans celles de 1 à 9 salariés. Ces dernières représentent ainsi 40 % des emplois vacants, selon les calculs de la DARES.
Le nombre d’emplois vacants dans le secteur privé, en hausse tendancielle depuis le milieu des années 2010, accélère nettement après la crise sanitaire pour atteindre près de 660 000 en moyenne en 2022, avant de s’infléchir en 2023. La dynamique post-crise est davantage portée par les entreprises de plus de 10 salariés. Ces dernières représentent environ 60 % des emplois vacants du secteur privé en 2023, contre une part proche de 50 % avant crise. Au premier trimestre 2024, la tendance à la baisse du nombre d’emplois vacants se poursuit avec un total de 535 000 postes à pourvoir.
Le taux d’emplois vacants au sein des entreprises de 1 à 9 salariés est près de trois fois supérieur à celui des entreprises de plus de 10 salariés : 6,3 % contre 2,3 % en moyenne en 2023. Lorsqu’il est mené à son terme, le recrutement n’est pourtant pas jugé plus difficile dans les petites entreprises que dans celles de 10 salariés et plus (respectivement 15 % et 17 % de recrutements jugés difficiles). Le taux d’échec y est en revanche plus important, ce qui traduit notamment leur expérience plus limitée en termes de recrutement.
Sur l’ensemble du secteur privé, le taux d’emplois vacants s’élève à 3,1 % en moyenne en 2023, après un pic à 3,3 % en 2022.
Tous les secteurs sont touchés
Dans tous les grands secteurs d’activité, le taux d’emplois vacants des petites entreprises est sensiblement supérieur à celui des entreprises de 10 salariés et plus. Toutefois, l’ampleur de l’écart varie fortement d’un secteur à l’autre, allant de 2,0 points dans le secteur privé de l’enseignement, de la santé humaine et de l’action sociale, à 5,9 points dans l’hébergement-restauration ou l’information-communication.
Par rapport à leur part dans l’emploi occupé, les entreprises de 1 à 9 salariés sont largement surreprésentées dans le total des emplois vacants. Dans la construction, les activités immobilières, et l’hébergement-restauration, elles concentrent près de deux tiers des emplois vacants (respectivement 59 %, 62 % et 66 % en moyenne en 2023), contre à peine plus du tiers des emplois occupés (respectivement 35 %, 34 % et 36 %).
En moyenne en 2022-2023, 37% des emplois vacants correspondent à des emplois nouvellement créés dans les entreprises de 1 à 9 salariés, contre 27% dans celles de 10 salariés et plus. En revanche, les emplois vacants des petites entreprises correspondent moins souvent à des postes inoccupés : 38% contre 50% dans les entreprises de 10 salariés et plus.
Cette différence de répartition des postes vacants entre les entreprises de 1 à 9 salariés et celles de plus de 10 salariés se retrouve dans tous les grands secteurs d’activité. Dans les petites entreprises du secteur privé de l’enseignement, de la santé humaine et de l’action sociale ou des activités immobilières, la part d’emplois vacants nouvellement créés est respectivement 2,5 et 1,8 fois supérieure à celle des entreprises de 10 salariés et plus. En comparaison, la répartition par type de vacance est plus homogène dans le secteur des activités scientifiques et des services administratifs ou celui de l’industrie.
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