Faire face aux risques climatiques
Par Francois Colombier · Rédacteur en Chef

L’industrie et l’artisanat, les secteurs les plus menacés financièrement par les aléas climatiques Alors que 82 % des PME interrogées affirmaient en 2022 être…
L’industrie et l’artisanat, les secteurs les plus menacés financièrement par les aléas climatiques
Alors que 82 % des PME interrogées affirmaient en 2022 être déjà affectées par le changement climatique, plus de la moitié (52 %) ne se sentaient pas prêtes à en affronter les effets..
Pour Jean-Baptiste Popot, Responsable du service d’analyse de risques chez MAIF, qui vient de publier avec Goodwill Management une étude sur la question : « L’adaptation des TPE et des PME au changement climatique, qui représente rappelons-le près de la moitié de l’emploi en France, s’impose comme une nécessité, à la fois pour les rendre plus résilientes et contribuer à la pérennité des systèmes assurantiels, contraints de se réinventer. »
En effet en 2022, les conséquences économiques des événements climatiques extrêmes ont été estimées à 10,6 milliards d’euros pour les assureurs. Une sinistralité globale qui devrait augmenter de 60 % d’ici 20503. L’augmentation de la fréquence et de l’intensité des évènements climatiques extrêmes se traduit mécaniquement pour l’assureur par une augmentation des indemnisations pour compenser les pertes matérielles, de stocks ou encore d’exploitation.
Interdépendance
L’inondation apparaît comme l’aléa climatique générant le plus de coût, avec une moyenne de 30 000 euros par sinistre. Un risque qui d’ici 2050 concernera l’ensemble du territoire, du fait de précipitations plus élevées dans les deux tiers Nord du pays.
L’aléa qui a le moins d’impact sur les entreprises est celui des fortes chaleurs. « Si le sujet est porteur médiatiquement, les coûts des fortes chaleurs sont relativement moins importants que pour les autres aléas. Les PME doivent donc identifier leur niveau d’exposition et de sensibilité aux différents risques climatiques car s’adapter aux canicules n’est peut-être pas la priorité pour elles », constate Arnaud Bergero, directeur général de Goodwill Management.
Si l’on compare le coût d’un aléa à la rentabilité moyenne des TPE - PME, les secteurs « Industrie et Artisanat » et « construction et immobilier », subissent les plus gros dommages financiers pour chaque aléa climatique, ce qui s’explique facilement au regard de leur dépendance à des actifs physiques.
Si l’étude ne prend en compte que les coûts directs, qui ne reflètent pas l’ensemble des dommages financiers, l’on peut s’accorder sur le fait que tous les secteurs sont concernés, notamment du fait de leurs interdépendances. Les conséquences sont déjà là et les TPE - PME doivent construire dès à présent des stratégies d'adaptation qui intègrent la protection des biens physiques, des processus de production ainsi que l'adaptation de leur modèle économique à un monde soumis aux aléas climatiques.
Pour s’adapter au changement climatique, une entreprise doit questionner et transformer en profondeur son modèle économique pour le rendre plus résilient. Elle devra à la fois mettre en place des actions incrémentales, qui visent à sécuriser les actifs de l’entreprise et des actions transformationnelles, qui questionnent et modifient les processus touchés par les aléas climatiques.
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