Comment vont vos salariés ?

De nombreux salariés, notamment dans les TPE, reconnaissent souffrir de difficultés psychologiques au travail.

Le baromètre du bien-être mental en entreprise (réalisé par Harris Interactive pour Alan Mind et Toluna) évalue les perceptions du bien-être mental et son impact sur les performances ou l’attitude des salariés envers l’employeur. L’étude révèle qu’une remise en question profonde du modèle managérial de l’entreprise et du sens au travail s’amorce au premier trimestre 2022 en France.

Le regard des salariés est ambivalent sur les évolutions du monde du travail, les interactions de plus en plus digitalisées, le travail hybride, les nouvelles formes de management. Si certains d’entre eux ont gagné en flexibilité, celle-ci a un coût, notamment sur le bien-être mental : isolement lié au télétravail, effacement des frontières entre vie personnelle et professionnelle, obligation de se réapproprier son métier dans un environnement digital… A tel point qu’en 2022, 1 salarié sur 2 éprouve une difficulté psychologique. Chez les jeunes actifs de 18 à 24 ans, ce chiffre monte à 6 salariés sur 10, dont 23% déclarent se sentir “très mal”. 

Sollicitations permanentes

Mais, paradoxalement, si les salariés estiment à 86 % que l’entreprise est responsable de leur bien-être mental, seulement 7 % osent parler à leurs supérieurs ou responsables RH de leurs difficultés psychologiques. Mais des progrès sont enregistrés puisque 54 % des Français jugent que les entreprises, de manière générale, prennent de mieux en mieux en compte le bien-être mental.

Ce n’est pas tant le métier des salariés que les conditions dans lesquelles ils l’exercent qui les poussent à bout. Pression, surcharge de travail, sous-effectif… Ajoutés aux sollicitations parfois permanentes liées aux outils numériques, c’est vite l’essoufflement. Les trois-quarts des salariés disent ainsi souffrir de fatigue. Et 52 % ont perdu la motivation (une donnée qui monte à 62 % chez les 18 – 24 ans). Si le stress est un facteur évoqué par tous, d’autres points pèsent sur les salariés : manque de reconnaissance de la hiérarchie (68 %), difficulté à maintenir un équilibre entre vie professionnelle et personnelle (66 %). Face à cela, le fait de demander de l’aide, en consultant un spécialiste, entre petit à petit dans les mœurs, mais le cap n’est pas encore franchi par la majorité des personnes concernées.

Les TPE et PME n’échappent pas au phénomène. 73 % des cadres de ces entreprises avouent avoir expérimenté un phénomène de mal-être au travail et 63 % souffrent de stress, soit 10 % de plus que la moyenne des salariés du privé, en raison notamment de moments de forte pression, de difficultés à se déconnecter et d’objectifs ambitieux.

Pour y remédier, ils se prennent en main. 40 % d’entre eux font de l’activité physique régulière (24 % chez les autres salariés), 22 % modifient leur hygiène de vie (13 % chez les autres salariés), 34 % ont une activité de loisir (22 % chez les autres salariés).

Est-ce qu’on peut voir dans ces indices les prémices de ce qu’on appelle « la grande démission » ? 71 % des salariés ayant déjà fait face à une difficulté psychologique déclarent vouloir un changement dans leur vie professionnelle : reconversion, évolution de poste, changement d’entreprise. Dans le même temps, 85% déclarent que l’amélioration du bien-être mental au travail renforcerait leur fidélité à l’entreprise, et 86% des salariés affirment que leur motivation serait renforcée si leur entreprise mettait en place des actions concrètes.

 

   

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